mercredi 18 octobre 2017

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Une première : l’ONU confie sa sécurité à un colonel suisse

Anne Kauffmann, 24heures.ch

mardi 19 avril 2005, sélectionné par Spyworld

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L’information, dit-on, permet de gagner une guerre. L’ONU est désormais convaincue qu’elle est tout aussi cruciale quand il s’agit de rétablir ou de maintenir la paix. Une bonne appréciation de la situation devrait aussi permettre de mieux assurer la sécurité des troupes engagées. Cette nouvelle approche va être testée pour la première fois au Soudan. Et c’est un haut fonctionnaire du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE), ancien des services de renseignements militaires, que New York a choisi pour diriger une cellule d’analystes. Sa mission : renseigner le représentant de Kofi Annan et le commandement militaire de l’ONU en poste à Khartoum.

A Berne, Jacques Baud finit de boucler ses bagages. A la fin de la semaine, il rejoindra à Nairobi d’autres cadres de la mission des Nations Unies au Soudan (MINUS) ; début mai, il sera à pied d’œuvre à Khartoum. Dans ses valises, les uniformes ont remplacé les costumes qu’il portait au DFAE. « Cette cellule d’analyse est une structure militaire, explique le colonel Baud. Mais je pense aussi qu’à mon poste, ce sera un atout d’être un militaire de milice. »

La Cellule d’analyse interforces, ou JMAC en « onusien », devra, en effet, puiser à toutes les sources possibles pour dresser l’image la plus complète de la situation prévalant au Soudan. Elle devra aussi envisager comment le « climat » pourrait évoluer. Bref, fournir des informations essentielles, comme celles qui ont dramatiquement manqué à l’ONU au Rwanda ou encore, plus récemment, à Bagdad où le quartier général de l’Organisation a été la cible d’un attentat meurtrier en été 2003. Pour y parvenir, il faudra que cette cellule établisse des contacts tous azimuts. Que ce soit avec les autorités civiles ou militaires du Soudan, avec des organisations humanitaires, des ONG, des universitaires ou encore les contingents de l’ONU. « Dans ce contexte, le fait d’avoir l’habitude de travailler aussi bien avec des civils qu’avec des militaires me facilitera la tâche », estime Jacques Baud.

A la JMAC, on fera de l’analyse. Rien à voir avec de l’espionnage à la James Bond. « Notre mission ne consiste pas à faire des coups tordus ou à mener des opérations clandestines. Le but, affirme Jacques Baud, c’est de contribuer à la réussite de la mission de l’ONU et donc d’aider le Soudan. » Si la JMAC remplit bien son rôle, elle pourrait par exemple attirer l’attention de l’état-major sur tel ou tel projet qui « passe » mal dans la population. Fournir des informations précises sur les zones où les mines abondent. Ou encore alerter la MINUS de l’existence d’un groupe hostile aux troupes de l’ONU.

A Khartoum, Jacques Baud occupera un rang très élevé dans la hiérarchie de la MINUS : il fera partie de l’état-major et dépendra directement du représentant de Kofi Annan sur le terrain. Pourquoi l’ONU l’a-t-elle choisi ? Jacques Baud avance plusieurs raisons : « Je connais le pays et la région où j’ai déjà participé à des missions de l’ONU notamment pour l’éradication des mines. Je suis aussi un spécialiste du renseignement et du terrorisme. Le fait que la Suisse se soit engagée sur le dossier du Soudan a certainement aussi joué un rôle. »


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