dimanche 22 octobre 2017

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Le ministre israélien de la Défense poussé vers la sortie

Marius Schattner, AFP

vendredi 24 novembre 2006, sélectionné par Spyworld

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Harcelé par le premier ministre Ehud Olmert, lâché par les siens, sa popularité en chute libre, le ministre israélien de la Défense Amir Peretz est poussé inexorablement vers la porte de sortie.

« Recherche ministre de la Défense », titre vendredi l’éditorialiste du quotidien libéral Haaretz qui réclame ouvertement la démission de M. Peretz, chef du parti travailliste, en donnant le ton général de la presse.

« Israël ne peut se permettre le luxe d’un ministre de la Défense incompétent, alors qu’un pays (l’Iran, ndlr) appelant à sa destruction, s’apprête à se doter d’armes nucléaires et que les habitants n’ont que 20 secondes de préavis avant une chute de roquettes », écrit le journal.

« Une chose est certaine : Peretz ne restera pas ministre de la Défense, qu’il démissionne de lui-même ou qu’il soit forcé à le faire », renchérit le quotidien Maariv.

La popularité de M. Peretz, déjà mise à mal par les ratés de la guerre du Liban contre le Hezbollah (12 juillet-14 août), a encore chuté en raison de l’incapacité de l’armée de mettre fin aux tirs de roquettes palestiniennes tirées de Gaza sur le sud d’Israël, surtout sur Sdérot, dont il est résident.

Quatre Israéliens sur cinq souhaitent sa démission, volontaire ou forcée, selon deux sondages publiés vendredi qui traduisent une remontée des partis de droite après leur échec aux élections de mars dernier.

Selon un sondage du Maariv, la droite l’emporterait aux élections, alors que le parti travailliste perdrait sept sièges au Parlement, de 19 à 12.

Le secrétaire général du parti travailliste, le ministre sans portefeuille Eitan Cabel, jusqu’alors allié de M. Peretz, s’est joint à la vague de critiques.

« Amir Peretz a perdu la confiance du public ce qui est intolérable dans un pays comme Israël où la question de la défense est cruciale », a déclaré M. Cabel à l’AFP.

À posteriori, il veut bien admettre que la désignation en mai au poste de ministre de la Défense de M. Peretz, un ancien dirigeant syndicaliste sans expérience dans le domaine militaire, pourrait avoir été une erreur.

Mais « personne n’imaginait alors une nouvelle guerre au Liban », souligne-t-il.

Il réclame à présent sa démission tout en estimant injuste de lui faire porter le chapeau pour l’impréparation de l’armée à la guerre.

M. Olmert, dont la popularité est également en baisse, s’efforce depuis plusieurs semaines d’écarter M. Peretz de la Défense alors que ce dernier s’accroche à son poste.

La dernière crise entre les deux hommes a été provoquée par une conversation téléphonique dimanche entre M. Peretz et le président palestinien Mahmoud Abbas, portant sur un cessez-le-feu avec les Palestiniens.

M. Peretz a été sommé de ne pas engager des discussions sur cette question sous le motif qu’elle relèverait de la prérogative exclusive de la présidence du Conseil israélien.

MM. Abbas et Peretz se seraient mis d’accord, d’après leur entourage, sur le principe d’un cessez-le-feu, les Palestiniens cessant leurs tirs de roquettes et Israël cessant ses opérations offensives.

Ces groupes armés ont affirmé jeudi être prêts à « stopper les tirs de roquettes » si l’armée israélienne cessait ses attaques.

Mais la présidence du Conseil israélien a rejeté cette proposition considérant qu’elle porte « sur un cessez-le-feu partiel, limité aux tirs de roquettes à partir de la bande de Gaza en échange d’un arrêt total des opérations israéliennes sur tous les fronts ».


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