mardi 24 octobre 2017

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Litvinenko empoisonné : Londres enquête

AP

samedi 25 novembre 2006, sélectionné par Spyworld

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Les autorités britanniques qualifient ce "décès suspect" sur leur sol d"’événement sans précédent" et réunissent d’urgence leur comité COBRA.

Londres semble déterminé à élucider l’origine de l’empoisonnement qui a coûté la vie à l’ancien espion russe Alexandre Litvinenko. Les autorités britanniques ont qualifié ce décès suspect sur leur sol d"’événement sans précédent" et convoqué samedi 25 novembre une réunion d’urgence de leur comité COBRA, spécialisé dans les questions de sécurité et de terrorisme. A Moscou, l’entourage de Vladimir Poutine, les parlementaires pro-Kremlin et les médias d’Etat sont montés au créneau pour rejeter les accusations portées contre le président russe par l’ex-espion juste avant sa mort et pour dénoncer une machination contre la Russie.

Moscou désigne Berezovski

Un proche de Poutine, des députés et les télévisions contrôlées par le Kremlin ont retourné l’accusation pour mettre en cause le milliardaire russe Boris Berezovski, autre ennemi déclaré du président russe, exilé lui aussi en Grande-Bretagne. Berezovski était un proche de Litvinenko et lui a d’ailleurs rendu visite sur son lit d’hôpital. "Il y a peut-être eu un conflit" entre les deux hommes, a suggéré Nikolaï Kovaliov, député à la Douma et ancien directeur du FSB (Service de sécurité fédéral, successeur du KGB), en affirmant que "l’accusation d’implication de la Russie dans ce meurtre" était au "bénéfice" de Boris Berezovski.

"Décès inexpliqué"

A Londres, tandis que les enquêteurs de Scotland Yard travaillent toujours à reconstituer l’emploi du temps précis de l’ex-espion dans les jours précédant son empoisonnement, le comité COBRA s’est réuni samedi, pour la troisième journée consécutive, sous la présidence du ministre britannique de l’Intérieur John Reid, ont fait savoir les services du gouvernement. La police britannique traite pour l’instant cette affaire comme un "décès inexpliqué", mais pas encore comme un meurtre. Litvinenko, ancien agent du KGB exilé à Londres et devenu un opposant déclaré au président Poutine, est mort jeudi soir après avoir passé plusieurs journées en unité de soins intensifs dans un hôpital londonien. Avant de mourir, il a dicté une note à un ami dans laquelle il accuse le président Poutine d’être à l’origine de son empoisonnement. Confirmant l’hypothèse d’un empoisonnement par une substance radioactive, l’Agence britannique de protection sanitaire a annoncé que du polonium-210, un élément radioactif très rare, avait été retrouvé dans les urines de Litvinenko.

L’agence a qualifié cet empoisonnement d"’événement sans précédent".

"Dose majeure"

Pat Troop, directrice de cette agence, a précisé que la quantité importante de polonium-210 retrouvée laissait penser que Litvinenko "l’avait soit ingérée, inhalée ou reçue via une blessure". "Nous savons qu’il en a eu une dose majeure", a-t-elle souligné. L’ambassadeur de Russie à Londres Iouri Fedotov a été convoqué vendredi au Foreign Office alors que la Grande-Bretagne a demandé par voie diplomatique à Moscou de fournir à ses services de police toute l’assistance nécessaire, selon le gouvernement britannique. Le président Poutine, qui a promis de coopérer à l’enquête, a qualifié la mort de l’ex-espion de "tragédie", tout en accusant ses opposants de "provocation politique". Dans le cadre de l’enquête de Scotland Yard, des experts militaires en radiation ont passé au peigne fin une demi-douzaine de lieux à Londres par lesquels l’ex-espion était passé dans les jours précédant son hospitalisation. Des traces de radiation ont ainsi été trouvées au domicile de Litvinenko dans le nord de la capitale, dans un bar à sushis où il avait eu un rendez-vous avec un contact le 1er novembre -jour où il est tombé malade- ainsi que dans un hôtel où il s’était rendu la veille. Le personnel de l’hôtel et du restaurant ont été interrogés par les enquêteurs.


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