mardi 24 octobre 2017

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Le contact italien de l’espion russe est aussi contaminé

Le Figaro

vendredi 1er décembre 2006, sélectionné par Spyworld

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Une dose "importante" de polonium 210 a été détectée dans l’organisme de Mario Scaramella, qu’Alexander Litvinenko avait rencontré le 1er novembre dans un bar à sushi londonien. Scotland Yard continue de remonter la "piste russe" dans cette affaire où les empoisonnements se multiplient.

Nouvelle victime du polonium-210

Après Alexandre Litvinenko, c’est autour d’un de ses "contacts", l’italien Mario Scaramella, d’être contaminé par le polonium-210, annonce la chaîne britannique SkyNews. Une dose "importante" de cette substance radioactive a été détectée dans l’organisme de ce "consultant en sécurité", qui entretient des liens troubles avec les services secrets italiens, américains et russes. Les services sanitaires britanniques, qui ont confirmé qu’une deuxième personne a été testée positive au polonium, se refusent à en dévoiler l’identité.

Scaramella avait rencontré l’ex-espion russe dans le bar à sushi Itsu, le 1er novembre. Le soir même, Alexandre Litvinenko avait ressenti les premiers symptômes d’un empoisonnement. « J’ai commandé à déjeuner mais Scaramella n’a rien mangé. Il avait l’air très nerveux. Il m’a donné une liste de noms de gens, dont des agents du FSB, prétendument liés au meurtre », racontait l’espion, qui est mort trois semaines après cette rencontre.

Selon Litvinenko, Scaramella l’avait contacté en octobre pour lui faire des révélations sur l’assassinat de la journaliste Anna Politkovskaïa, abattue à Moscou le 7 octobre.

Un groupe de 5 Russes dans la ligne de mire

Scotland Yard croit connaître la clé de l’affaire. D’après le Guardian, un groupe d’au moins cinq hommes serait arrivé à Londres en provenance de Moscou peu avant l’empoisonnement de Litvinenko. Ils seraient entrés dans le pays à la faveur du flot de supporters russes, venus pour le match Arsenal-CSKA Moscou du 1er novembre, et seraient repartis vers la Russie peu de temps après.

Les enquêteurs n’excluent pas que ce groupe soit composé d’ex-agents du FSB (héritier du KGB), ou même de membres actuels. L’un d’eux, Andreï Lougovoï, ancien du KGB, a rencontré Alexandre Litvinenko au Millenium Hotel, juste avant d’assister au match Arsenal-CSKA. Egalement présent lors de leur rencontre, Dimitri Kovtoun est arrivé par le Hambourg-Londres du 1er novembre. Les deux hommes sont repartis en Russie par le même vol, le 3 novembre. Tous deux ont été interrogés par la police britannique, et nient vigoureusement toute implication dans l’empoisonnement. Coïncidence : il se trouve que Lougovoï est proche de plusieurs personnages de l’affaire. Entre 1998 et 2001, il était chef du service de sécurité de la chaîne ORT, contrôlée à l’époque par l’oligarque et ennemi juré de Vladimir Poutine, Boris Berezovski, dans les bureaux duquel des traces de radioactivité ont été découvertes. Par ailleurs, de 1992 à 1993, il figurait au nombre des gardes du corps d’Egor Gaïdar, l’ex-premier ministre russe qui semble avoir été victime d’une tentative d’empoissonnement en Irlande, il y a quelques jours.

Un autre « ex » du FSB avait prévenu Litvinenko

Un nouvel élément pointant Moscou du doigt s’est ajouté au « dossier Litvinenko ». Jeudi, Alex Goldfarb, un de ses amis, a reçu des lettres de Mikhail Trepashkin, membre du FSB jusqu’en 1997. Adressées à Litvinenko en novembre, elles le mettaient en garde contre une « très sérieuse équipe » du FSB, chargée de « mettre KO tous ceux associés à Berezovski et Litvinenko ». Mikhail Trepashkin est actuellement emprisonné. Il est accusé par Moscou d’être un espion britannique et d’avoir transmis des informations secrètes à Litvinenko et à Boris Berezovski, alors que tous deux vivaient déjà en exil à Londres.

Rencontre au plus haut niveau de l’Etat

La journée de vendredi devrait amener quelques éléments de réponse. L’autopsie du corps d’Alexandre Litvinenko a commencé, et un Boeing de la British Airways va décoller de Moscou pour Londres afin d’y rechercher d’éventuelles traces de polonium, l’élément radioactif qui semble être à l’origine de la mort de Litvinenko. Jusqu’à présent, les autorités britanniques ont découvert des traces radioactives dans 24 endroits de Londres et dans deux avions. Dans 12 de ces lieux, la substance était bien du polonium-210. Fait notable, les endroits où le niveau de radioactivité est le plus haut se trouvent être les toilettes du Millenium Hotel et l’Itsu sushi bar. (Diaporama des principaux lieux contaminés sur le site de SkyTV).


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