mardi 12 décembre 2017

Accueil du site > Renseignement > France > Terrorisme : la DGSE sur tous les fronts

Terrorisme : la DGSE sur tous les fronts

Marc Durin-Valois, le Figaro

dimanche 3 décembre 2006, sélectionné par Spyworld

logo

Bassorah, 21 novembre dernier. Deux voitures sont arrêtées à un check-point par une milice locale. A l’intérieur, des hommes du service Action de la DGSE (le contre-espionnage français), venus pour protéger l’antenne consulaire et « mener des actions de renseignement traditionnel ». Un dialogue a lieu. Selon des informations non officielles, les fonctionnaires font état de leur statut de diplomate. Les miliciens auraient alors exigé que les hommes sortent des véhicules. Comme ces derniers refusaient pour éviter une prise d’otages, un fonctionnaire était abattu sans sommation. Les deux voitures forcent alors le barrage et, poursuivies, se seraient mises sous la protection des Britanniques. Dans la fuite, un autre membre des services secrets français est grièvement blessé.

L’équipe Action infiltrée à Bassorah a été immédiatement rapatriée. C’est la première fois qu’un militaire français est tué en Irak, ce qui confirme sa sinistre réputation de pays en état de chaos. Les honneurs ont été rendus au défunt à Perpignan, en présence de la ministre Michèle Alliot-Marie.

Le jeune sous-officier d’une trentaine d’années, dont le nom n’a pas été révélé, est aussi le premier agent de la DGSE tombé en mission extérieure depuis quinze ans. Ce drame illustre la dangerosité des missions de l’agence que dirige Pierre Brochand. Elle attriste un premier bilan remarquable, tant dans la manière dont le diplomate a su déjà adapter l’agence aux nouvelles menaces que dans la gestion des points chauds ou conflits (Afghanistan, Liban, Irak, Congo, Côte d’Ivoire...) ou celle des crises des otages (Georges Malbrunot, Christian Chesnot, Florence Aubenas), menées sans coup férir, véritables cas d’école pour de nombreux services de renseignements occidentaux.

Les menaces de terrorisme continuent par ailleurs à inquiéter les services secrets français qui dans les dernières années ont su créer d’étroites relations avec la DST et les Renseignements généraux jusqu’alors handicapés par des rivalités. « Compte tenu de nos interventions, nous sommes en alerte sur plusieurs pays, craignant aussi bien des actes de terrorisme sur place que leurs prolongements sur le sol français, dit cette source non officielle. En tête, le Liban porte les plus grandes menaces mais l’Afghanistan et l’Algérie, notamment avec le réseau GSPC (Groupe salafiste pour la prédication et le combat), nous inquiètent aussi. Nous considérons le niveau global de menaces comme très élevé. »


Envoyer : Newsletter Imprimer : Imprimer Format PDF : Enregistrer au format PDF PartagerPartager :