mercredi 13 décembre 2017

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Affaire Litvinenko : la piste conduit à Moscou

Fabrice Nodé-Langlois, le Figaro

lundi 4 décembre 2006, sélectionné par Spynews

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Des agents de Scotland Yard vont poursuivre dans la capitale russe leurs investigations sur l’empoisonnement au polonium de l’ancien espion du KGB.

« NOUS IRONS où l’histoire conduira l’enquête. » Le ministre britannique de l’Intérieur, John Reid, a prévenu hier que les investigations sur la mort de l’ancien agent russe Alexandre Litvinienko s’étendraient au-delà du territoire de la Grande-Bretagne. Des agents de Scotland Yard doivent rencontrer des témoins cruciaux à Moscou, tandis que le FBI, associé à l’enquête, a interrogé un ancien major du KGB réfugié en Virginie, Iouri Shvets.

Du polonium 210, substance hautement radio­active, dont une quantité importante a vraisemblablement tué Alexandre Litvinenko, a été retrouvé, à l’état de traces, dans trois Boeing 767 qui ont assuré la liaison Londres-Moscou avant et après l’empoisonnement présumé. Cette convergence des pistes vers la Russie ferait craindre à Londres une détérioration de ses relations avec Moscou. Sergueï Ivanov, le ministre russe de la Défense, a répété samedi que les services spéciaux russes n’avaient aucune raison de tuer Litvinenko et que la Russie était disposée à participer à l’enquête en cours.

Pour l’heure, l’enquête ne cesse de se compliquer au fil des déclarations des nombreux protagonistes, pour la plupart liés aux services secrets russes. L’Italien Scaramella a bien été contaminé par du polonium 210 mais « à un niveau considérablement plus bas que Litvinenko », indiquait vendredi soir le Dr Keith Patterson, hématologue à l’University College Hospital de Londres. On ignore toujours comment le produit radioactif a été administré. Scaramella, hospitalisé à Londres, a déclaré qu’il se sentait bien. « J’ai des raisons de penser que mon empoisonnement et celui de Litvinenko pourraient être liés à une information que ce dernier m’avait transmise voici quelques mois », a-t-il expliqué dans un communiqué. Sans en dire davantage.

Le Daily Telegraph a dévoilé le contenu du message que Scaramella aurait porté à Litvinenko le 1er novembre, jour où l’ancien officier du FSB se ­sentit mal. Ce message mettant en cause le colonel Velitchko et les services russes (lire ci-dessous) aurait été écrit par un certain Evgueni Limarev. Ce dernier, présenté comme un ancien du KGB vivant en Suisse, avait démenti dès le 27 novembre dans La Repub­blica être l’auteur du message.

Autre révélation, publiée hier par The Observer : Alexandre Litvinenko, en situation financière délicate, aurait voulu faire chanter des personnalités russes en menaçant de publier des documents compromettants qu’il affirmait pouvoir obtenir. C’est ce qu’il a raconté à Julia Svetchlinaja, une Russe étudiant à Londres qui l’avait interviewé cette année pendant six heures.

Au sujet de l’ancien premier ministre russe Egor Gaïdar, hospitalisé depuis le 24 novembre après un malaise mystérieux, les médecins n’ont toujours pas posé de diagnostic. Ses proches ont évoqué un possible empoisonnement, tandis qu’en Irlande, où Egor Gaïdar s’est trouvé mal, le 24, avant de rentrer à Moscou, médecins et policiers sont sceptiques.

L’ancien agent secret Alexandre Litvinenko est mort des suites de son empoisonnement à l’aide d’une substance radioactive, le polonium 210.


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