mardi 12 décembre 2017

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Un hacker roumain pénètre des ordinateurs gouvernementaux américains

Christophe Auffray, JDN Solutions

lundi 4 décembre 2006, sélectionné par Spyworld

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Victor Faur est menacé d’extradition pour le piratage de 150 machines, dont certaines appartiennent à la NASA et à la Navy. But revendiqué de l’opération, démontrer l’existence de vulnérabilités.

54 ans de prison. C’est la peine dont pourrait écoper Victor Faur, un roumain de 26 ans, si son pays répond favorablement à la demande d’extradition adressée par les autorités judiciaires américaine. Le jeune homme, soupçonné d’être à la tête d’un groupe de hackers baptisé WhiteHat team, se serait introduit illégalement dans près de 150 ordinateurs gouvernementaux, parmi les plus sensibles.

Des postes associés au programme spatial de la NASA, dont ceux du Jet Propulsion Laboratory, du Goddard Space Flight Center, du Sandia National Laboratory, et de l’United States Naval Observatory auraient ainsi été visités par Victor Faur et ses acolytes. Les réseaux du Département de l’énergie et de la Navy auraient eux aussi fait l’objet d’intrusions informatiques.

La WhiteHat team a recouru à des attaques de type brute force afin de découvrir les identifiants de connexion de plusieurs ordinateurs des agences gouvernementales visées. Un premier accès obtenu, ils ont pu déployer toutes une panoplie d’outils pour collecter de nouveaux mots de passe et gagner des privilèges plus élevés sur le réseau : rootkits, sniffers (renifleur ou logiciels d’écoute des réseaux), keyloggers (enregistreurs de frappe) et spoofers.

En dépit de ces droits d’accès à des systèmes particulièrement sensibles, Victor Faur n’est pas poursuivi pour avoir dérobé des données. Le vol n’était en effet aucunement la motivation du hacker. Il s’agissait en vérité pour mettre à l’épreuve la sécurité d’ordinateurs présentés comme les mieux protégés au monde.

Cependant, consécutivement aux intrusions, la NASA, le département de l’Energie et la Marine ont du procéder à la reconstruction de leurs systèmes, jugeant ne plus pouvoir garantir l’intégrité de leurs données. Les mesures correctives auraient coûté près de 1,5 million de dollars à l’ensemble des agences américaines, dont 1,3 million pour la seule NASA.

Le hacker roumain semble bel et bien avoir démontré avec succès la vulnérabilité des infrastructures informatiques américaines. Une faillibilité qui avait déjà été révélée en octobre dernier suite à une affaire d’espionnage industriel par des pirates chinois (lire l’article du 10/10/2006). Toujours est-il qu’il faudra à Victor Faur faire preuve d’autant d’habileté s’il souhaite éviter son extradition vers les Etats-Unis et une lourde condamnation.

Ce nouveau dossier n’est pas sans rappeler celui impliquant Gary McKinnon. Le ministre de l’Intérieur britannique avait cet été signé l’acte d’extradition de ce dernier pour des intrusions dans le système informatique du Pentagone, de l’US Navy, de la NASA. L’anglais, en quête d’informations secrètes des américains sur les Ovnis, rejette pourtant l’accusation le rendant responsable de plus de 700 000 dollars de dommages.

Selon le procureur de Virginie, qui qualifie le pirate d’une manière quelque peu dithyrambique, Gary McKinnon risque jusqu’à 70 ans de prison et 1,75 million de dollars d’amende. Une peine suffisamment longue en tous cas pour visionner plusieurs milliers de fois les deux célèbres films de Steven Spielberg dédiés aux extraterrestres.


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