vendredi 20 octobre 2017

Accueil du site > Renseignement > International > Consensus au Sénat américain en faveur du superpatron du renseignement

Consensus au Sénat américain en faveur du superpatron du renseignement

Tsr.ch

vendredi 22 avril 2005, sélectionné par Spyworld

logo

Le Sénat a confirmé jeudi dans un large consensus la nomination du diplomate John Negroponte comme premier superpatron des services de renseignement, avec pour mission de définitivement tourner la page des échecs du 11 septembre 2001 et des erreurs d’analyse sur l’Irak.

M. Negroponte, ancien ambassadeur dans l’Irak de l’après Saddam-Hussein, sera le premier directeur du renseignement national (DNI), un poste nouvellement créé dans le cadre d’une grande réforme promulguée en décembre. Sa nomination a été approuvée à la quasi-unanimité, par 98 voix contre 2.

Secondé par le général Michael Hayden, ancien patron de la NSA (National Security Agency), il devra coordonner une quinzaine d’organismes civils et militaires, dont la CIA, et gérer un budget annuel d’une quarantaine de milliards de dollars, jusqu’à présent essentiellement sous le contrôle du département de la Défense.

"Son rôle a été comparé à celui de PDG d’une entreprise, avec pouvoir de décision et assumant la responsabilité finale des résultats" du secteur, a expliqué la républicaine Susan Collins, l’un des principaux artisans de la réforme du renseignement.

M. Negroponte, l’homme des missions difficiles pour l’administration Bush, qui l’a successivement nommé ambassadeur aux Nations unies puis en Irak, où il a inauguré la première ambassade de l’après-Saddam Hussein, avait été chaleureusement accueilli lors de son audition devant la commission du renseignement le 12 avril.

Fortement encouragé par les sénateurs démocrates et républicains, il avait promis des changements notables et de mettre fin aux hostilités plus ou moins larvées régnant entre divers organismes de collecte du renseignement. "Il nous faut un seul secteur du renseignement, qui coopère sans heurt, réagit rapidement, et passe plus de temps à penser à l’avenir qu’au passé", avait-il dit.

Il avait également promis une grande indépendance d’esprit face au pouvoir politique. "Je crois que le président mérite que son directeur du renseignement national et la communauté du renseignement lui livrent la vérité brute", avait-il dit.

Il sera notamment chargé de faire un rapport quotidien au président Bush sur l’état des menaces pesant sur les Etats-Unis, une tâche jusqu’à présent dévolue au patron de la CIA, l’ancien parlementaire républicain Porter Goss, qui a pris ses fonctions fin septembre.

L’indépendance des agents du renseignement face au pouvoir politique est un sujet très sensible actuellement à Washington, alors que le choix du président Bush pour le poste d’ambassadeur à l’Onu, John Bolton, est en butte à un grand scepticisme au Sénat.

M. Bolton, un "faucon" incarnant l’aile néoconservatrice de l’administration Bush, a été accusé par l’opposition démocrate d’intimidation et de menaces à l’encontre d’analystes du renseignement en désaccord avec lui. Ces accusations ont soulevé des doutes chez plusieurs élus républicains et retardé de trois semaines au moins la confirmation de sa nomination.

Les parlementaires ont une nouvelle fois exhorté jeudi M. Negroponte à rapidement asseoir son autorité et à exercer la plénitude des pouvoirs dévolus par la réforme du renseignement, née des recommandations de la commission d’enquête sur les attentats du 11 septembre 2001. "Il établira un précédent pour les prochains DNI", a notamment souligné la démocrate Dianne Feinstein.

"Il faut restaurer la crédibilité (des services du renseignement), aux yeux des Américains et du monde, qui avait été détruite par l’analyse des armes irakiennes", a-t-elle fait valoir.


Envoyer : Newsletter Imprimer : Imprimer Format PDF : Enregistrer au format PDF PartagerPartager :