jeudi 19 octobre 2017

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Dix pôles de compétitivité pourraient disparaître

Laurence Chavan, le Figaro

vendredi 8 décembre 2006, sélectionné par Spyworld

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Pour KPMG, la dynamique des pôles mondiaux est prometteuse, mais les projets manquent ailleurs.

UN AN ET DEMI après le lancement des 66 « clusters » à la française, le cabinet KPMG annonce la disparition probable de plusieurs pôles de compétitivité. Dix ont des projets pas aboutis, et plus d’une quinzaine présenteraient « de vrais problèmes ». Les craintes des auteurs de l’étude ne concernent pas les seize pôles d’envergure mondiale comme i-Trans, spécialiste du ferroviaire dans le Nord-Pas-de-Calais, ou System@tic qui reçoit aujourd’hui, pour son premier forum à la Sorbonne, les ministres Michèle Alliot-Marie et François Loos. Mais elles touchent les dizaines de réseaux plus modestes. « Un certain nombre de pôles ne fonctionnent pas comme ils devraient fonctionner », constate Jacky Lintignat, DG de KPMG S.A.

La création des petits pôles comme celui qui est dédié en Normandie à la filière équine, a répondu davantage aux besoins d’une politique d’aménagement du territoire qu’à une priorité industrielle. On retrouve donc dans ce bilan réalisé lors d’entretiens avec 158 acteurs de 40 réseaux, les divergences apparues au printemps 2005 entre les ministères de l’Économie et de l’Intérieur sur l’orientation de cette politique industrielle.

Sélection naturelle

Bercy misait sur un nombre de projets limité pour avoir les moyens de leur donner une bonne visibilité internationale ; en moins de deux ans, une sélection naturelle pourrait lui donner raison. Le gouvernement tirera-t-il donc les conséquences de cette situation qui fait craindre « l’éparpillement des ressources » et une perte de temps ?

Face au 1,5 milliard de fonds publics dévolus aux pôles sur 5 ans, la recherche d’efficacité s’impose. Car les partenariats industrie-recherche, et les projets d’innovation qui sont mis au rang des priorités sont encore jugés faibles par 30 % des responsables interrogés. La création d’emplois et la formation sont aussi absentes des grands objectifs, ce qui confirme aussi la jeunesse des pôles et donc la nécessité d’accélérer la mise en place des « bonnes pratiques ».

« Leur positionnement sur les marchés internationaux n’est pas encore inscrit dans leur routine de fonctionnement » constate KPMG, alors que c’est leur raison d’être.


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