mardi 12 décembre 2017

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Des Français entraînés par al-Qaida au Liban

Jean Chichizola, le Monde

lundi 11 décembre 2006, sélectionné par Spyworld

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Après l’Égypte, l’Irak ou la Syrie, une enquête judiciaire confirme que des islamistes français ont séjourné et se sont entraînés au nord du Liban.

ARABIE saoudite, Égypte, Syrie, Yémen : depuis le début de la guerre en Irak, les services antiterroristes français ont suivi le parcours d’islamistes ayant gagné ces pays depuis l’Hexagone pour participer au djihad irakien. Le Liban s’ajoute aujourd’hui à la liste. Depuis quelques semaines, les policiers enquêtant depuis plus d’un an sur le groupe islamiste de l’Algérien Safé Bourada, démantelé par la DST en septembre 2005, ont la confirmation que des extrémistes se sont rendus l’an dernier au Liban pour s’y entraîner, sous la houlette d’islamistes locaux et de membres d’al-Qaida, au maniement des armes et à la confection d’explosifs. Selon l’accusation, cette cellule radicale était en lien avec le Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC) algérien et avec la filiale irakienne d’al-Qaida.

La DST savait déjà qu’un des membres du groupe Bourada, désigné sous le terme d’Ansar el-Fath (« Partisans de la victoire »), s’était bien rendu au Liban. Un voyage motivé, selon l’intéressé, par des raisons d’ordre familial et touristique. De source proche de l’enquête, au moins deux autres membres du groupe devaient également aller au Liban et l’ensemble des islamistes étaient « programmés à court terme » pour le pays du Cèdre.

Pendant des mois, Paris a tenté d’en savoir plus sur cette expédition libanaise. Mais la situation tendue au Liban et en Syrie rendait la chose plutôt difficile. De nouveaux témoignages, recueillis notamment auprès d’Algériens membres du groupe Bourada, permettent d’y voir plus clair. Début 2005, un islamiste quitte son logement de Trappes (Yvelines) à destination de la région de Tripoli, au nord du Liban. La destination n’est guère étonnante : Tripoli et ses environs sont connus pour abriter des groupes islamistes radicaux palestiniens et libanais. En 2000, à Sir ed-Danniyé, une localité située à l’est de Tripoli, un groupe d’extrémistes locaux s’en étaient même pris à l’armée libanaise avec des morts et des prisonniers à la clé. La guerre en Irak, le chaos qui s’en est suivi et la proximité de la Syrie ont encore compliqué les choses.

Confection d’explosifs

Arrivé à Tripoli, le djihadiste français a été pris en charge par une cellule dirigée par un Libanais, mais animée par des instructeurs saoudiens et égyptiens liés à al-Qaida. En guise de camp d’entraînement, les cours ont été donnés dans quelques maisons discrètes des alentours. En quelques mois, l’habitant de Trappes a été initié au maniement des armes mais surtout à la confection d’explosifs et à la fabrication de systèmes de mise à feu à l’aide de téléphones portables. Les terroristes se préparaient visiblement à l’utilisation d’engins explosifs classiques et non chimiques comme l’avaient craint les enquêteurs français dans un premier temps.

Plutôt que participer au djihad irakien, la mission des djihadistes formés à Tripoli était en effet de revenir en Europe pour y perpétrer des attentats. Courant 2005, une réunion au sommet aurait rassemblé des représentants venus d’Irak, du Liban et d’Europe pour se répartir les rôles. Au centre de ce projet : la France et un autre pays européen.

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Grâce au démantèlement du groupe de Safé Bourada (en septembre 2005), les policiers ont la confirmation que des extrémistes français se sont rendus au Liban pour s’y entraîner, sous la houlette d’islamistes et de membres d’al-Qaida. - AFP/LCI.


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