dimanche 22 octobre 2017

Accueil du site > Informatique > Internet > Quova, le Big Brother de la géolocalisation sur Internet

Quova, le Big Brother de la géolocalisation sur Internet

LExpansion.com

lundi 11 décembre 2006, sélectionné par Spyworld

logo

Savoir où se trouve l’internaute qui visite votre site a de nombreuses conséquences sonnantes et trébuchantes. D’où le succès de Quova qui commercialise la plus grande base de données reliant une adresse internet à sa localisation physique. L’interview de Marie Alexander, PDG de Quova.

Connaître la situation géographique d’un internaute ouvre de nouveaux horizons. Que ce soit pour diffuser des contenus protégés par des droits ou pour adapter la publicité. D’où le retour de la géolocalisation au premier plan de la scène web. Explications de Marie Alexander, la PDG de Quova qui développe depuis six ans la plus grand base de données de géolocalisation sur Internet et fournit ses services aux plus grands sites internet du monde.

Qu’est-ce que la géolocalisation ?

C’est un procédé qui permet de déterminer la position géographique d’un internaute à partir de son adresse Internet ou IP. En six ans, nous avons développé GeoPoint, la base de données la plus important au monde qui recense plus d’un milliard d’adresses aujourd’hui actives sur Internet. Cette base de données est notamment utilisée par cinq des six plus grands sites web pour identifier en temps réel l’origine de leurs utilisateurs.

Quel est le niveau de précision des données fournies par GeoPoint ?

A partir de l’adresse IP, nous pouvons déterminer avec un taux de fiabilité de 99,9% le pays d’origine de l’internaute, mais aussi sa ville, avec un taux qui varie entre 85% (pour un pays en voie de développement) à 97% (pour un pays développé). Au delà, il est nécessaire de demander plus d’informations sur sa position géographique (code postal, adresse...) ou bien d’utiliser d’autres techniques de triangulation, basées par exemple sur des points d’accès d’un réseau Wi-Fi ou les antennes d’un réseau cellulaire (les informations GPS venant des téléphones mobiles Internet constituent une autre technique sur laquelle planchent les experts, ndlr).

Ce niveau de précision est-il suffisant ?

Oui, en tout cas pour nos clients. En cas de doute, le site interdit purement et simplement l’accès à l’information, par sécurité. C’est notamment le cas lors de l’usurpation d’une adresse IP (IP spoofing) ou bien si l’internaute se connecte à Internet par téléphone : il aurait pu appeler des Etats-Unis vers un point d’accès Canadien, ou vice-versa. Les utilisateurs d’AOL sont aussi souvent pénalisés car l’opérateur agrège toutes leurs connexions, rendant difficile d’obtenir avec certitude leur provenance.

Qui est susceptible d’utiliser un outil de géolocalisation ?

Il y a généralement quatre raisons pour lesquelles un site veut connaître l’origine de ses utilisateurs. La première est de leur fournir du contenu ou des publicités mieux ciblées ou dans leurs langues. La seconde découle de droits de rediffusion strictes, qui interdisent à un site de diffuser son contenu aux internautes vivant en dehors d’une zone géographique déterminée. Par exemple lors d’événements sportifs comme Tour de France ou la Coupe du Monde. Ou bien encore pour la diffusion de films ou de chansons sur Internet. Avant la géolocalisation, aucun site n’aurait osé le faire de peur de poursuites. Maintenant, cela ouvre de nouvelles perspectives de revenus, à la fois pour le propriétaire de l’oeuvre et le diffuseur. La troisième raison est la lutte contre la fraude. Des études ont montré que 68% des transactions commerciales initiées depuis l’étranger, mais avec communication d’une adresse physique aux Etats-Unis, étaient frauduleuses. Avec notre solution, les sites de e-commerce peuvent immédiatement empêcher une telle transaction. Enfin, la localisation de l’internaute permet de respecter la réglementation en vigueur, comme l’interdiction de vendre des produits pharmaceutiques en-dehors de son pays d’origine ou bien de laisser les citoyens américains accéder à un casino en ligne.

Quels sont vos principaux concurrents ?

Il s’agit de MaxMind, qui est une solution open source bien moins fiable que la nôtre, et DigitalEnvoy, qui s’est spécialisé dans la prévention de fraude. Sans compter deux autres entreprises que nous avons rachetées : RedMapping en Hollande et InfoSplit à New York.

Propos recueillis par Jean-Baptiste Su, dans la Silicon Valley


Envoyer : Newsletter Imprimer : Imprimer Format PDF : Enregistrer au format PDF PartagerPartager :