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La Russie convoite les technologies européennes, EADS cherche une main-d’oeuvre bon marché

RIA Novosti

mercredi 13 décembre 2006, sélectionné par Spyworld

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Le conseil des directeurs de la Compagnie aéronautique unifiée (OAK) a défini hier les priorités de l’entreprise : la production d’aéronefs civils. La situation déplorable qui prévaut dans le secteur peut être redressée, de l’avis des directeurs, avec l’aide des partenaires européens. Mais ceux-ci ne sont pas pressés de venir à la rescousse.

L’OAK concentrera ses efforts principalement sur la création d’avions civils. "C’est notre grand malheur", a déclaré de façon significative le ministre de la Défense, Sergueï Ivanov, qui venait de présider la réunion du conseil. D’après les données à sa disposition, l’année dernière le pays n’a construit que huit avions civils (Boeing ou Airbus en fabriquent autant chaque semaine). "Tout compte fait, la situation est dramatique", a acquiescé le directeur du Centre d’analyse des stratégies et des technologies, Rouslan Poukhov. "Pour l’heure, on ne sait absolument pas de quoi va s’occuper la division de l’aviation civile. En fait, l’OAK décolle sans son "aile civile" : aucune idée neuve, pas de personnel, pas de partenaires", a-t-il constaté.

Des partenaires étrangers pourraient être mis à contribution pour élaborer des projets prometteurs. "Nous n’excluons pas une coopération internationale, surtout dans le secteur de l’aviation civile", a indiqué hier Sergueï Ivanov avant de préciser qu’il saluait la participation de partenaires européens, en d’autres termes d’EADS, en omettant de mentionner les Américains. Une éventuelle coopération avec Boeing avait été complètement rejetée la semaine dernière par Igor Chouvalov, assistant du président russe.

Cependant, la coopération avec EADS peut s’avérer moins avantageuse que ne le pensent les fonctionnaires. A l’heure actuelle, le groupe européen possède une participation de 10% dans Irkout. Après sa conversion en actions uniques de l’OAK, elle sera ramenée à 1%. De l’avis d’un analyste de la société d’investissement Capital, Mikhaïl Pak, il n’est pas certain que le groupe européen augmente sa participation (au début EADS se proposait d’acheter 10% du capital social de la compagnie unifiée). "Le groupe a des ennuis et n’a pas de disponibilités en numéraire", a affirmé le spécialiste. "EADS est en proie à une crise systémique profonde. Une aide des partenaires européens est donc fort peu probable, ils doivent d’abord s’aider eux-mêmes", a estimé Rouslan Poukhov.

Néanmoins, les responsables du groupe européen portent un intérêt pour des projets conjoints avec la Russie et l’OAK. Mais il s’avère qu’il s’agit d’une coopération dans la réalisation de projets européens où le partenaire russe interviendrait en sous-traitant. "Tout d’abord, le marché russe intéresse les Européens par sa main-d’oeuvre bon marché, tandis que la Russie veut accéder aux technologies d’EADS", a constaté Mikhaïl Pak.


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