dimanche 17 décembre 2017

Accueil du site > Technologie > Israël et le Maroc membres de Galileo, programme européen de (...)

Israël et le Maroc membres de Galileo, programme européen de navigation

IsraelValley.com

samedi 16 décembre 2006, sélectionné par Spynews

logo

Israël et le Maroc vont se cotoyer dans le cadre d’un accord européen. En effet, l’Union européenne et le Maroc ont signé un accord de coopération qui ouvre la voie à une participation du Maroc au programme européen de navigation par satellite Galileo.

Mettant un terme à des négociations initiées en avril 2005, cet accord couvre plusieurs domaines de coopération, notamment la recherche scientifique, la formation, la production, le commerce, le développement du marché, la normalisation, l’homologation et la réglementation.

« Nous nous réjouissons d’accueillir le Maroc comme partenaire dans la navigation par satellite », a déclaré Jacques Barrot, commissaire européen en charge des transports.

« Ce pays a les moyens d’exploiter la technologie du programme Galileo, et nous projetons de développer des actions conjointes pour des applications qui non seulement profiteront aux citoyens, mais qui amélioreront aussi la sécurité et l’efficacité de nombreux secteurs. »

Galileo conduira au développement d’une nouvelle génération de services dans des secteurs tels que les transports, les télécommunications, l’agriculture et la pêche.

Israël et Galileo (source israelvalley.com)

Après le tour de la Chine et des Etats-Unis, c’est au tour des Israéliens d’être associés à ce programme qui leur permettra de faire partie des consortiums d’entreprises européennes chargées de la mise en place du projet. Les retombées pour Israël seront importantes sur le plan industriel et sa « silicon valley » s’en trouvera certainement renforcée.

Dans un contexte politique assez tendu entre l’Europe et Israël, la signature au grand jour d’une entente stratégique à long terme est aussi fondamentale qu’incroyable. Personne ne s’attendait vraiment à l’issue aussi rapide d’une négociation qui n’a pris que quelques semaines pour aboutir. C’est donc avec joie que nombre d’industriels et chercheurs israéliens fêtent un partenariat qui les fera pénétrer au cœur de l’Europe spatiale. Très attaché à la construction d’une industrie nationale solide et relativement indépendante dans le domaine spatial, Israël considère comme bienvenus tous les partenariats à condition que les transferts de technologie soient réels.

Cet accord ne pouvait être entériné qu’à la suite de celui passé avec les Etats-Unis ; Israël étant perçu comme très (trop ?) lié au « grand frère spatial » américain. Avec le consentement tacite des Américains, Israël annoncera dans les prochains jours le montant définitif de son investissement dans ce gigantesque programme – des dizaines de milliards d’Euros seront investis, générant plus de 150 000 emplois – qui, au départ était considéré comme le « programme anti-monopole américain ».

A l’image de son homologue américain, le système Galileo comprend une composante spatiale (il est prévu de mettre en orbite 30 satellites dont le premier cette année) et une composante au sol permettant une meilleure précision pour certaines utilisations. L’utilisateur doit être doté d’un récepteur qui, par le principe de la triangulation, lui communique sa position en temps réel. Si, comme le GPS, Galileo doit offrir un service gratuit accessible aux utilisateurs de base, il est également prévu de proposer des services commerciaux payants donnant accès à une meilleure précision de positionnement et destinés à une utilisation professionnelle.

Des acteurs européens du projet ont accepté de nous aider à estimer le montant des investissements israéliens, gardés pour l’instant secret. Selon nos sources, ils atteindraient environ les 50 millions de dollars. Quel intérêt ont donc les Israéliens à signer un contrat nécessitant le paiement de sommes aussi élevées proportionnellement à la taille du pays, sans vraiment en discuter avec acharnement les termes ? La raison en est simple : Israël bénéficiera du know-how européen sans limite et avec générosité. Récoltant généralement les fruits de l’ouverture américaine, Israël désire élargir davantage ses horizons. Loyola de Palacio, vice-présidente de la commission transport et énergie, s’est félicitée de l’issue des négociations : « Il s’agit d’une étape très importante pour le développement de Galileo en tant que programme international, et pour son utilisation future dans le monde entier », a-t-elle déclaré.

Autre question : comment une alliance aussi stratégique a-t-elle été conclue en un temps record et sans obstacle majeur, comme cela est très souvent le cas entre l’Europe et Israël ? Les Israéliens sont arrivés à un tel niveau de recherche scientifique et d’application industrielle (surtout dans le domaine de l’optique) que leur venue est considérée comme essentielle pour de nombreux pays comme la Chine, l’Allemagne et la France. Israël est l’un des huit pays de la communauté spatiale dans le monde qui a une expérience technologique considérable dans le domaine des programmes spatiaux et qui a réalisé des actions importantes dans les applications, les équipements etc.

Les négociations formelles du contrat Galileo, qui ont débuté en janvier dernier, ont débouché sur l’approbation d’un texte en mars. Cet accord, alors paraphé par Ra’anan Dinur, directeur général au ministère de l’Industrie et du Commerce d’Israël, et François Lamoureux, directeur général chargé de l’énergie et des transports au sein de la Commission européenne, jetait les bases d’une participation active d’Israël dans le programme Galileo.

Cette alliance, révélée au grand jour par l’Europe et Israël, a été mentionnée par l’ensemble de la presse internationale, et plus particulièrement par la Chine, qui participe au projet. Le contrat prévoit des activités de coopération israélo-européennes en matière de navigation et de synchronisation par satellites dans de multiples secteurs, notamment la science et la technologie, la fabrication industrielle, le développement des services et des marchés, ainsi que la normalisation, la fréquence et l’homologation. L’accord prépare également Israël à assumer un rôle financier dans le programme, par le biais d’un intéressement à l’entreprise commune Galileo, qui est l’organe établi pour gérer le programme Israël avait déjà montré par le passé sa volonté de développer son industrie spatiale en établissant plusieurs partenariats, notamment avec la France. D’une part, cette volonté s’était concrétisée par la signature, en avril 1994, d’un accord entre les deux agences spatiales, le CNES et l’ISA. Il couvrait différents aspects de l’activité spatiale civile : recherche spatiale et instrumentation, applications et techniques spatiales. Depuis, plusieurs groupes de recherche travaillent en commun sur des thèmes définis au préalable. De même, des contrats lient depuis 1990 Spot Image et des organismes israéliens pour la diffusion d’images. D’autre part, côté industriel, un bon exemple de collaboration franco-israélienne est le développement des systèmes de communication d’AMOS-1 par Alcatel Espace et son lancement par la fusée Ariane.

Chargé du déploiement de l’ensemble du système, le consortium industriel dont fait partie Israël sera également concessionnaire du service commercial. Galileo Joint Undertaking et la plupart des industriels concernés évaluent les revenus potentiellement générés par ce marché entre 5 et 10 milliards d’Euros durant la période 2008-2025.


Envoyer : Newsletter Imprimer : Imprimer Format PDF : Enregistrer au format PDF PartagerPartager :