jeudi 14 décembre 2017

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Les lacunes d’un élu démocrate chargé du renseignement

C. Ls, le Monde

jeudi 21 décembre 2006, sélectionné par Spyworld

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Lorsqu’il a été choisi par ses pairs pour présider à partir de janvier la commission du renseignement de la Chambre des représentants, le démocrate Silvestre Reyes a promis d’exercer une surveillance étroite sur les agissements de l’administration Bush et de demander des comptes. C’est à peu de chose près l’attitude qu’a adoptée à son égard le Congressional Quarterly, un magazine qui couvre le Capitole depuis 1945.

L’un des éditeurs du magazine, Jeff Stein, a posé au nouveau responsable quelques questions générales. Exemple : les militants d’Al-Qaida, sont-ils chiites ou sunnites ? "Al-Qaida ? Ils ont les deux", a répondu Silvestre Reyes, avant d’hésiter : "Vous voulez dire, majoritairement ?" Le journaliste a acquiescé. "Majoritairement, ils sont chiites, probablement", a avancé l’élu.

Jeff Stein était consterné. "Est-ce trop demander que cinq ans après le 11-Septembre, les gens chargés de contrôler les services de renseignement sachent qui étaient les extrémistes musulmans qui ont projeté des avions sur les tours du World Trade Center ?"

Le reporter a poursuivi. "Et le Hezbollah ?" "Euh, le Hezbollah..., a hésité Silvestre Reyes. Mais pourquoi vous me posez toutes ces questions à 5 heures du soir ?"

Le journaliste lui a rappelé que le Hezbollah s’était illustré il y a vingt-trois ans dans un attentat qui avait fait 200 morts américains à Beyrouth. "Ah oui, a repris le parlementaire. C’est drôlement plus compliqué que les Hatfield et les McCoy (une vieille rivalité de familles américaines)."

"CONNAISSANCES" DE BASE

Ce "manque de familiarité avec des connaissances élémentaires", comme dit le Washington Post, a affligé les démocrates. Originaire du Texas, Silvestre Reyes a combattu treize mois au Vietnam, puis passé vingt-six ans dans la police des frontières, avant de devenir député en 1996.

Il a été choisi par la présidente de la Chambre, Nancy Pelosi, en raison de son opposition à la guerre en Irak. La commission du renseignement est chargée de superviser les agences qui se sont illustrées par leurs erreurs d’appréciation sur les armes de destruction massive de Saddam Hussein.


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