dimanche 17 décembre 2017

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Grande-Bretagne : des documents d’archives déclassifiés révèlent quelques secrets

AFP

vendredi 29 décembre 2006, sélectionné par Spyworld

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Des documents d’archives de 1976 déclassifiés vendredi révèlent comment le président français Valéry Giscard d’Estaing était tourné en ridicule par certains responsables britanniques, ou les circonstances dans lesquelles le Royaume-Uni avait pensé renoncer à la dissuasion nucléaire. La Grande-Bretagne a pour coutume de déclassifier chaque fin d’année des dossiers restés secrets pour des durées variables. L’Irlande l’imite le même jour, l’histoire des deux pays étant intimement liée.

L’Irlande a ainsi rendu publics vendredi des documents expliquant comment elle avait dû renoncer en 1963 à faire du président américain John F. Kennedy un citoyen honoraire, de crainte que cela ne lui cause des problèmes politiques dans son pays.

Dans une note destinée à présenter le président français à la veille d’une visite en Grande-Bretagne en juin 1976, l’ambassadeur du Royaume-Uni à Paris Nicholas Henderson, s’était lui montré fort peu aimable pour Valéry Giscard d’Estaing et son supposé snobisme intellectuel et social.

Ses origines sont "indubitablement ceux de la haute bourgeoisie française, une caste qui se distingue par sa richesse, ses privilèges et sa sublime certitude qu’elle a le droit de diriger", écrivait-il.

"Ses manières quelque peu didactiques ne semblent pas irriter les Français (...) qui ne semblent pas non plus dérangés par son habitude de pincer les lèvres et d’énoncer chaque syllabe avec une clarté compassée", poursuivait-il.

Un autre document montre comment en décembre 1976, le gouvernement du Premier ministre travailliste James Callaghan, a évoqué l’éventualité de renoncer à sa force de dissuasion nucléaire pour financer une grave crise économique.

Préoccupé par la chute de la livre face au dollar, le gouvernement avait dû demander un prêt du Fonds monétaire international (FMI) en septembre. Il obtiendra finalement 3,9 milliards de dollars (2,9 milliards d’euros).

Mais le conseiller du Premier ministre Sir John Hunt avait envisagé de réduire le budget de la défense en cas d’échec des négociations avec le FMI. Son scénario privilégié était d’abandonner la dissuasion nucléaire, cette solution étant la moins à même d’inquiéter les alliés du Royaume-Uni.

Au début de cette même année 1976, le Premier ministre Harold Wilson s’inquiétait de la "situation apocalyptique" en Irlande du Nord, évoquant la possibilité que les événements entraînent rapidement une "totale séparation".

Dans une note rédigée en janvier 1976, deux mois avant sa démission, il réfléchissait à ce qu’il fallait faire si "toutes les politiques échouaient" et si l’Irlande du Nord devenait ingouvernable en raison du "terrorisme s’apparentant à la guerre civile".

Un autre document, datant de mars 1976 et préparé pour Harold Wilson, établit que le gouvernement britannique était averti de la possibilité que l’Argentine envahisse les îles Malouines. Ce donc au moins six ans avant que les deux pays n’entrent en guerre.

Le chef de la diplomatie d’alors, et futur Premier ministre, James Callaghan, était convaincu que le Royaume-Uni et l’Argentine étaient sur une "trajectoire de confrontation" quant à leur longue querelle sur la souveraineté des Malouines.

Il estimait cependant qu’il n’était pas dans l’intérêt de son pays d’aller à la confrontation.

Un autre document déclassifié vendredi montre également que le Premier ministre pakistanais Zulfikar Ali Bhutto avait écrit sans succès en août 1976 à son homologue James Callaghan pour demander la restitution du diamant Koh-i-noor, placé dans une couronne présentée à la reine Victoria en 1852.


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