mardi 12 décembre 2017

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"Des centaines de milliers de Français" sur écoute

Nouvelobs.com

jeudi 28 avril 2005, sélectionné par Spyworld

Selon une enquête de l’hebdomadaire Le Point, "des centaines de milliers de Français" seraient victimes d’écoutes téléphoniques.

"Des centaines de milliers de Français" seraient victimes d’écoutes téléphoniques, selon une enquête de l’hebdomadaire Le Point qui souligne que des officines privées sont aujourd’hui capables de réaliser facilement des écoutes sauvages. Selon l’hebdomadaire, 33.000 téléphones sont officiellement sur écoutes, dont 27.000 sur écoutes judiciaires. "Des ’interceptions’ qui ramènent elles-mêmes dans leurs filets des centaines de milliers de Français dont le seul tort est d’avoir téléphoné ou d’avoir été appelé par une personne écoutée", estime Le Point. L’hebdomadaire, qui insiste sur l’absence de "contrôle" des écoutes judiciaires, y compris par les juges qui les ordonnent, et "d’agrément" des entreprises chargées de les réaliser, estime que "tout un tas d’officines profitent de la jungle des écoutes judiciaires pour réaliser en douce leurs interceptions sauvages sur portable".

"Un policier dans la poche"

Un responsable d’une entreprise privée de sécurité explique ainsi qu’il suffit d’"avoir un policier dans la poche" pour pouvoir mettre un portable sur écoutes. Or, ces entreprises "sont souvent truffées d’anciens policiers ou gendarmes". Ce responsable annonce les tarifs : "150 euros pour une fadette (listing des appels émis et reçus, ndlr), 500 euros la géolocalisation sur un mois (suivi de localisation du portable en fonction du relais activé, ndlr) et jusqu’à 1.000 euros l’écoute". Le Point décrit également le fonctionnement de "valises d’interception" qui ne nécessite "aucune autorisation", tiennent dans un coffre de voiture et peuvent enregistrer toutes les conversations passées dans les "alentours" par portable mais aussi les numéros d’appel des portables allumés et leur numéros de série. Interrogé, le ministre de la Justice Dominique Perben reconnaît qu’il "est urgent de mettre de l’ordre" dans les écoutes judiciaires qui sont passées de 5.845 en 2001 à 27.300 en 2004 et ont coûté "84 millions d’euros au contribuable français". Le ministre annonce la création d’une délégation interministérielle destinée à être "le gendarme des coûts" et à réfléchir à un éventuel agrément des sociétés privées qui louent du matériel pour ces écoutes. "Il faut s’assurer que la technologie ne permet pas l’utilisation du contenu des interceptions au profit de tierces personnes", explique Dominique Perben.


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