dimanche 22 octobre 2017

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Les entreprises algériennes entre intelligence économique et espionnage

Safia Berkouk, Jeune-independant.com

mardi 9 janvier 2007, sélectionné par Spynews

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Définie comme tous les moyens déployés pour collecter l’information utile au développement d’une entreprise, l’intelligence économique ne fait pas encore partie de la culture d’entreprise en Algérie et n’est pas près de l’être. En l’absence d’une véritable culture de l’information et de systèmes d’informations efficients et face aux difficultés de l’accès aux informations, l’intelligence économique demeure au stade du simple concept dont les contours sont encore loin d’être maîtrisés.

C’est du moins ce qui ressort de la table ronde qu’a abritée hier le forum d’El Moudjahid et qui a été animée par des universitaires et des spécialistes du monde économique et de la gestion des entreprises. Si les animateurs et les participants à cette rencontre ont été unanimes à admettre l’importance de l’intelligence économique dans la vie d’une entreprise pour être en mesure de faire face à la concurrence étrangère et à trouver de nouveaux marchés, leur perception du contenu même du concept d’intelligence économique a toutefois donné lieu à quelques divergences.

Certains experts ont en effet estimé que l’intelligence économique est indissociable de l’espionnage économique, laissant entendre que les entreprises algériennes ne doivent avoir aucun scrupule à le faire, car il s’agit pour elles de se défendre par tous les moyens face à la concurrence.

C’est notamment le cas pour M. Réda Amrani, consultant en économie industrielle, qui estime qu’il faut se débarrasser de cette « fausse pudeur » qui consiste à faire le distinguo entre l’intelligence et l’espionnage économiques. Un avis quelque peu partagé par M. Abdou Abderrahmane, chercheur au CREAD, qui a laissé entendre que l’intelligence économique doit être considérée comme de l’espionnage, puisque dans tous les pays avancés qui ont adopté ce concept ce sont d’anciens agents secrets qui ont reçu la mission de le faire développer.

Or, les débats ont laissé apparaître qu’en Algérie une certaine frilosité persiste quand il s’agit de reconnaître la concordance de l’intelligence et de l’espionnage économiques. C’est ainsi que M. Amar Makhloufi, ancien ministre de l’Industrie et de l’Energie, a attiré l’attention de l’assistance sur le sens anglo-saxon du mot intelligence.

En tout état de cause, espionnage ou pas, l’importance de l’intelligence économique pour une entreprise n’est pas à démontrer, mais elle ne saurait être possible « en l’absence d’une démocratisation de l’information », a soutenu M. Abderrahmane, en ajoutant que l’intelligence économique est également une question de l’Etat.

De son côté, M. Boughachiche, professeur de management, a souligné que le développement de l’intelligence économique en Algérie bute sur un sérieux problème, celui des difficultés d’accès aux sources d’informations. Sans compter qu’elle doit être accompagnée de veille et d’organisation informationnelle.

Les animateurs de la table ronde ont, par ailleurs, estimé que la mise en œuvre de l’intelligence économique implique pour les entreprises la nécessité de structurer et de sécuriser leur système d’information et d’inculquer une véritable culture de l’information.

En attendant, le recteur de l’université de la formation continue, M. Mnaouar a fait savoir que depuis cette année il a été introduit une formation en postgraduation spécialisée en intelligence économique, scientifique et technique.


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