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Les renseignements généraux, la DST et la DNAT pourraient vivre ensemble

Piotr Smolar, le Monde

vendredi 29 avril 2005, sélectionné par Spyworld

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EN 2006, les policiers spécialisés dans l’antiterrorisme pourraient découvrir, pour la première fois, les bienfaits du voisinage et travailler dans un même bâtiment. Le ministère de l’intérieur espère réunir la direction de la surveillance du territoire (DST), la direction centrale des renseignements généraux (DCRG) et la division nationale antiterroriste (DNAT). Ces services s’installeraient dans un immeuble situé rue de Villiers, à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine).

Le projet réclame encore d’ultimes arbitrages. Afin d’étudier la répartition des mètres carrés et des étages, une réunion technique a eu lieu à la direction de l’administration de la police nationale (DAPN), lundi 25 avril, avec les directeurs de la DST et de la DCRG, Pierre de Bousquet et Pascal Mailhos.

Dix jours plus tôt, les deux hommes ont visité le site pressenti. "Tout cela n’est pas encore totalement tranché, explique-t-on à la direction générale de la police nationale (DGPN). En tout cas, le projet s’inscrirait dans un grand plan de réaffectation des locaux de la police."

Le déménagement offrirait un gain de place, en particulier pour les fonctionnaires des RG et de la DNAT, confinés dans l’enceinte du ministère de l’intérieur, dans le 8e arrondissement à Paris. La DST devrait quitter ses locaux ­ qu’elle partage avec d’autres services ­ situés rue Nélaton, dans le 15e arrondissement. Elle est la moins enthousiaste à l’idée de cette réunion. "La DST tient farouchement à son indépendance, mais c’est le sens de l’histoire, explique-t-on dans l’entourage du ministre de l’intérieur, Dominique de Villepin. Il faut décloisonner."

FUTURS RAPPROCHEMENTS

Ce regroupement permettrait de résoudre des problèmes de sécurité, notamment au cours des gardes à vue de suspects dans le domaine du terrorisme. La mutualisation des moyens, souhaitée depuis des années, pourrait enfin trouver des applications concrètes. Les cellules de garde à vue, par exemple, pourraient être communes à la DNAT et à la DST.

En septembre 2003, le ministère de l’intérieur s’était déjà penché sur un regroupement des fonctionnaires de la DST, de la DCRG et du service de coopération technique internationale de police (SCTIP). L’administration avait même repéré un immeuble, situé rue de La Boétie, dans le 8e arrondissement à Paris. Mais le loyer réclamé par la société d’assurances propriétaire des lieux s’était révélé trop important.

Le projet ne se limite pas aux seuls services antiterroristes ; il concernerait l’ensemble des sections de la DCRG et de la DST, de l’intelligence économique aux courses et jeux. Mais ces deux directions et la DNAT ont un point en commun, qui laisse deviner de futurs rapprochements : elles travaillent toutes sur le terrorisme islamiste.

Tout en écartant l’idée d’une fusion entre les services, M. de Villepin a souvent insisté sur la nécessité d’une coopération dans ce domaine. Pour cela, il a créé en 2004 le conseil du renseignement intérieur (CRI), qui réunit chaque mois des représentants de la DST, des RG, du SCTIP et de la gendarmerie.

En outre, des pôles régionaux de lutte contre l’islamisme radical sont lancés partout en France, réunissant les fonctionnaires des RG et de la DST.


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