mercredi 13 décembre 2017

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Ouverture du procès des attentats ratés du 21 juillet 2005 à Londres

Le Monde, avec AFP

lundi 15 janvier 2007, sélectionné par Spyworld

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Des "kamikazes en puissance" qui projetaient "des attaques-suicides meurtrières" dans le cadre d’un "complot musulman extrémiste". C’est en ces termes que le procureur Nigel Sweeney a qualifié cinq des six auteurs présumés des attentats ratés du 21 juillet 2005 à Londres, dont le procès s’est ouvert aujourd’hui à Woolwich, dans la banlieue est de Londres, pour une durée de quatre mois.

Les attentats n’avaient fait aucune victime car seuls les détonateurs de ces bombes artisanales avaient explosé. Mais la tentative avait provoqué la panique dans la capitale britannique, deux semaines après une première série d’attentats-suicides, apparemment non liés, qui avaient fait 56 morts et près de 700 blessés dans les transports en commun londoniens. "Le fait que les bombes n’aient pas explosé n’était pas l’intention des accusés, c’est simplement de la chance", a estimé le procureur Nigel Sweeney. Il a rappelé que les bombes transportées dans les sacs à dos étaient entourées de shrapnels, "pour augmenter les dégâts et (...) maximiser la possibilité de victimes (...) quatorze jours après le carnage du 7 juillet".

Le procureur a détaillé comment les six hommes avaient préparé leurs attentats pendant près de quatre mois, entre fin mars et juillet 2005, avant de finalement lancer quatre opérations coordonnées dans le métro de Londres et dans un bus à la mi-journée. "Il ne s’agissait pas d’une copie hâtivement organisée" des attentats du 7 juillet, a-t-il ajouté, rejetant l’idée d’un canular, comme l’a affirmé un des accusés.

LES SIX HOMMES PLAIDENT NON COUPABLE

Les six inculpés, tous jeunes musulmans d’origine africaine habitant à Londres, sont jugés pour conspiration de meurtre et conspiration en vue de provoquer des explosions. Manfo Kwaku Asiedu, 33 ans, Ramzi Mohammed, 25 ans, Mokhtar Saïd Ibrahim, 28 ans, Yassin Hassan Omar, 26 ans, et Adel Yahya, 24 ans, avaient été arrêtés dans les huit jours suivant les attentats, notamment grâce aux caméras de surveillance très présentes dans les transports en commun londoniens. Osman Hussain, 28 ans, également connu sous le nom de Hamdi Issac, avait été arrêté en Italie le 29 juillet.

Cinq des six hommes sont, selon l’accusation, directement impliqués dans les attentats. Le sixième, Yahya, est accusé d’avoir participé aux préparatifs. Il ne se trouvait pas à Londres le 21 juillet, ayant quitté le Royaume-Uni six semaines plus tôt. Le procureur a affirmé que Mokhtar Saïd Ibrahim s’était entraîné au djihad au Soudan en 2003, et au Pakistan en 2004. Il a précisé que l’appartement dans le nord de Londres de Yassin Hassan Omar avait servi d’"atelier" pour fabriquer les bombes artisanales à base de peroxyde d’hydrogène (eau oxygénée), de farine et d’acétone. Selon lui, les six hommes avaient acheté en trois mois 284 bouteilles de peroxyde d’hydrogène, mais leur plan a échoué car ils n’avaient pas réussi à concentrer suffisamment ce peroxyde d’hydrogène en le chauffant.

Les six prévenus plaident tous non coupable.


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