samedi 21 octobre 2017

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Alger fournit à Paris sa liste noire du terrorisme

Jean Chichizola, le Figaro

mardi 16 janvier 2007, sélectionné par Spyworld

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DST, RG et DGSE tentent d’identifier des poseurs de bombes potentiels parmi les amnistiés ayant bénéficié de la politique de réconciliation nationale.

LA FRANCE dispose depuis quelques semaines d’un nouvel atout dans sa lutte contre le terrorisme islamiste. Plusieurs sources officielles ont confirmé au Figaro que, après huit mois d’attente, les services de renseignements français viennent d’obtenir de leurs homologues algériens la liste complète des détenus islamistes libérés depuis mars dans le cadre de la politique de « réconciliation nationale » menée par Alger.

La Direction de la surveillance du territoire, la Direction générale de la sécurité extérieure et les Renseignements généraux ont reçu une copie du précieux document à la fin novembre, quelques jours après la visite en Algérie du ministre de l’Intérieur, Nicolas Sarkozy. Détail important : il ne s’agit pas seulement d’une simple énumération de noms mais plutôt d’un fichier contenant des éléments directement utilisables par les spécialistes français. Cette transmission constitue un geste amical à l’égard de la France et une réponse à l’assouplissement du régime des visas français ordinaires demandé, et obtenu par Alger après la suppression de la consultation préalable des pays de l’espace Schengen.

« Une desmenaces les plus lourdes qui pèse sur la France »

DST,DGSE et RG se sont attelés à l’exploitation de cette liste. L’enjeu est énorme. Sur les 2629 détenus libérés de prison entre le début mars et septembre 2006, on rencontre en effet un bloc d’individus issus des groupes islamiques armés (GIA) qui ont frappé la France en 1995 au cours d’une vague d’attentats sanglants. Sur ces milliers d’amnistiés, plusieurs dizaines à plusieurs centaines auraient d’ores et déjà rejoint lesmaquis duGroupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC), qualifié le 1er septembre dans une note du ministère de l’Intérieur de « l’une des menaces les plus lourdes qui pèse actuellement sur la France, historiquement cible privilégiée des terroristes algériens ». La même note soulignait que le chef du GSPC avait appelé les amnistiés à rejoindre son mouvement.

La France redoute qu’un petit groupe de ces vrai faux repentis, parfois peu ou pas connus des services français, ne gagne l’Hexagone. « En 1995 déjà, note un magistrat, tout a été organisé par deux hommes venus d’Algérie ». Au cours des huitmois écoulés entre le début des libérations et la transmission de la liste aux autorités françaises, le manque de renseignement sur les amnistiés amontré ses dangers.De source policière, on évoque ainsi l’histoire d’un membre présumé du GSPC. Libéré, il rejoint aussitôt le maquis avant de gagner la France pour y fonder un commerce et épouser une Française. Il commet alors l’erreur d’entrer en contact direct avec un responsable du GSPC en exil au Royaume-Uni, ce qui lui vaut une expulsion immédiate. Sans cette faute de débutant, l’homme aurait pu tout aussi bien mener ces projets en toute tranquillité.


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