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2007 sera une année chargée pour la défense européenne

Reuters

mercredi 17 janvier 2007, sélectionné par Spyworld

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2007 sera une année très chargée pour la politique de sécurité et de défense européenne, qui devra relever plusieurs défis en Bosnie, au Kosovo et en Afghanistan, a estimé mardi le président du comité militaire de l’Union européenne, le général français Henri Bentégeat.

Le militaire sorti de Saint Cyr n’est pas peu fier de présider depuis deux mois un organe dont on ignore tout à Paris, tant il est, selon ses propres mots, "profondément obscur".

Bentégeat, qui se voit comme le porte-parole des chefs d’états-majors de l’UE, le conseiller militaire de Javier Solana, Haut représentant européen pour la politique étrangère, et le point de contact avec les commandants militaires sur le terrain, juge les progrès très importants.

"2006 a été une très bonne année et en 2007 il y aura une augmentation très importante des opérations civiles", a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse à Bruxelles.

La politique de défense européenne a été portée sur les fonts baptismaux par la France et la Grande-Bretagne lors du sommet franco-britannique de Saint-Malo, en 1998, et a progressé malgré les "non" français et néerlandais à la Constitution européenne.

Pour la première fois, les Britanniques ont accepté que l’UE mène seule des missions de maintien de la paix alors que l’Otan avait toujours été pour eux le seul acteur dans ce domaine.

Londres a même approuvé fin 2005 la création d’un embryon de quartier général européen autonome de l’Otan, résistant à l’énorme pression des Etats-Unis, qui y voyaient une menace directe contre la prééminence de l’Alliance atlantique.

CAPACITÉ ACCRUE

Ce "centre d’opération" est désormais actif.

Les ministres de la Défense ont également déclaré fin 2006 "pleinement opérationnels" leurs "groupements tactiques 1500" chargés d’intervenir rapidement pour éteindre un foyer d’incendie, puisqu’il sera possible de déployer simultanément deux de ces bataillons d’intervention rapide.

Pour 2007, il faudra consolider ces groupements en leur donnant une capacité accrue dans le domaine aérien et maritime, tout en permettant de les faire fonctionner en synergie.

Un premier exercice permettra en juin 2007 de tester le fonctionnement du centre d’opération, qui reste pour l’instant modeste avec son effectif maximal de 89 personnes, de quoi gérer une opération comme la surveillance des élections en République démocratique du Congo que l’UE vient de mener à bien.

En Bosnie, l’objectif est de passer des 6.500 hommes actuellement déployés à 2.500 grâce au recours à des troupes de réserve basées notamment au Kosovo et à un réseau d’officiers et d’observateurs disséminés sur le territoire bosniaque.

La décision devrait être prise en février prochain.

En Afghanistan, c’est une opération civile comprenant des volets policier, administratif et juridiques qui est à l’étude : même si la France était au départ réticente, le déploiement de cette force pourrait avoir lieu au printemps.

PAS D’IMPLICATION EN SOMALIE

De même, au Kosovo, où ce sont des troupes de l’Otan qui maintiennent une paix fragile en attendant la définition du statut définitif de cette province majoritairement albanophone de Serbie qui réclame son indépendance, l’UE étudie la possibilité de mener une opération de nature civile.

Mais il n’est pas question pour l’instant selon Bentegeat que l’Union européenne s’implique directement en Somalie, où le gouvernement transitoire a chassé fin décembre les tribunaux islamiques avec l’aide des troupes éthiopiennes.

"Aujourd’hui, la question ne se pose pas d’un soutien de l’Union européenne, sauf celle du financement", a-t-il dit.

Malgré ces engagements multiples, l’UE ne devrait pas connaître de problème pour remplir ses engagements , même si certains pays mis à contribution sont parfois à la limite.

L’achèvement de la mission en RDC et la réduction de la taille du contingent européen en Bosnie permettra ainsi d’alléger la pression qui pèse sur quelques Etats membres.

Le problème devrait d’ailleurs se résoudre progressivement, la standardisation des équipements par le biais, notamment, de l’Agence européenne de défense, permettant une meilleure synergie entre les pays soucieux de participer à une opération.

Tout cela, à en croire Bentégeat, se fait en parfaite harmonie avec l’Otan et sans aucune "duplication" : le débat n’est pas posé en termes de concurrence entre les deux organisations, comme le font souvent les politiques français.

Pour le président du comité militaire de l’UE, il n’est pas question de comparer les capacités européennes à la "Nato response force", 25.000 hommes d’élite capables d’intervenir très rapidement n’importe où dans le monde.


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