lundi 23 octobre 2017

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Les alliés de M. Prodi critiquent sa décision d’autoriser l’agrandissement de la base américaine de Vicence

Jean-Jacques Bozonnet, le Monde

samedi 20 janvier 2007, sélectionné par Spyworld

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En autorisant l’agrandissement de la base militaire américaine de Vicence, près de Venise, Romano Prodi a pris le risque de contrarier ses alliés de gauche au sein de son gouvernement, dans l’espoir de rassurer Washington, mécontent des dernières prises de position de l’Italie sur l’Irak et la Somalie. "Les relations entre l’Italie et les Etats-Unis, qui sont constructives depuis plus de soixante ans, ont fait un pas en avant", s’est d’ailleurs félicité, mardi 17 janvier, l’ambassadeur américain à Rome, Ronald Spogli.

La base, qui abrite 2 750 soldats de la 173e brigade aéroportée, pourra en accueillir 1 800 supplémentaires, actuellement stationnés en Allemagne, après un programme d’extension des infrastructures estimé à 500 millions de dollars (près de 380 millions d’euros). Le projet, qui s’inscrit dans le cadre du redéploiement stratégique vis-à-vis du théâtre d’opérations au Moyen-Orient, a ravivé dans l’opinion italienne le clivage entre pro et anti-américains. Les communistes et les Verts, composantes les plus à gauche de la coalition au pouvoir, ont fait campagne depuis des semaines contre la base, organisant plusieurs manifestations sur place.

Ils ont ressenti comme "une gifle" et "un acte de lâcheté humiliante" le fait que Romano Prodi "ne s’oppose pas à la décision prise par le gouvernement précédent". Le doublement de la superficie de la base de Vicence avait été décidé par Silvio Berlusconi à une époque où l’Italie était strictement alignée sur la politique de l’administration Bush, notamment en Irak. Ces derniers jours, le chef de la diplomatie italienne, Massimo D’Alema, a exprimé "l’opposition de l’Italie" aux raids aériens américains en Somalie, qualifiés d’"initiatives unilatérales" dommageables pour la stabilité de la région. Concernant l’Irak, il a jugé "peu convaincant" le renforcement des troupes voulu par la Maison Blanche.

FINANCEMENT DE LA MISSION AFGHANE

L’Italie a également été parmi les pays les plus critiques après l’exécution de Saddam Hussein et de ses deux collaborateurs. Enfin, le climat entre Rome et Washington est alourdi par l’éventuel renvoi devant un tribunal de Milan de vingt-six agents de la CIA impliqués dans l’enlèvement, en février 2003, sur le territoire italien, d’un Egyptien soupçonné de liens avec Al-Qaida. Silvio Berlusconi a accusé le gouvernement Prodi de mener une politique "anti-américaine et anti-occidentale" en se plaçant dans le sillage de la France et de l’Espagne. "L’Amérique nous a mis sur la liste des pays non fiables, une décision qui aura des répercussions sur notre commerce extérieur", a déclaré l’ancien président du Conseil.

Le feu vert à l’agrandissement de la base de Vicence suffira-t-il à calmer les aigreurs américaines face à un allié moins docile que précédemment ? Il ouvre en tout cas un nouveau front pour Romano Prodi.

Plusieurs leaders de la gauche radicale ont déclaré qu’ils s’opposeraient au refinancement de la mission italienne en Afghanistan, qu’un décret devrait définir avant la fin du mois. "Personne ne songe à utiliser l’Afghanistan comme instrument de vengeance", a précisé, jeudi 18 janvier, un responsable de Refondation communiste, tout en réclamant "un désengagement militaire progressif"

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La base américaine de Vicence, près de Venise, en Italie. - AFP/SSGT EDWARD BRALY


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