dimanche 17 décembre 2017

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Une stagiaire trop curieuse chez Valeo

David Revault d’Allonnes, Liberation

mardi 3 mai 2005, sélectionné par Spyworld

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Accusée d’espionnage, une jeune Chinoise de 22 ans a été incarcérée la semaine dernière.

L’espionne qui venait de Chine faisait dans le froid, du moins l’air climatisé. Alors que se tient aujourd’hui, au palais des Congrès de Paris, l’assemblée générale de Valeo, une rocambolesque affaire d’espionnage industriel agite depuis quelques jours l’équipementier automobile. En stage dans la branche climatisation de l’entreprise, une jeune Chinoise a été incarcérée, la semaine dernière, soupçonnée de vol de données informatiques. Une affaire prise au sérieux, comme l’indique une source interne à Valeo : « Il en va de notre réputation. »

Surdiplômée. C’est une brillante jeune fille de 22 ans. Polyglotte ­ outre le français et le chinois, elle parle l’allemand, l’espagnol, l’anglais et un peu l’arabe ­ et surdiplômée : mathématiques, mécanique des fluides, physique appliquée. Depuis trois ans, elle était en France, étudiante dans « une belle école d’ingénieurs », avec laquelle Valeo « entretient de très bons rapports, et où nous prenons chaque année des stagiaires », indique un cadre de l’entreprise.

Depuis le mois de février, elle effectuait un stage à Guyancourt (Yvelines), au sein d’une des douze branches industrielles de Valeo : la division « thermique habitacle », spécialisée dans les systèmes de climatisation. Un secteur dont Valeo est un des leaders mondiaux, aux côtés du japonais Denso.

Confidentiel. Mais, très vite, « certains comportements ont fait tiquer son entourage professionnel », indique une source interne à l’entreprise. Comme l’ordinateur portable qu’elle transportait un peu trop souvent. Ou encore « des durées de travail sur des ordinateurs beaucoup trop longues par rapport au travail qu’elle remplissait », poursuit cette source. Petit à petit, des cadres s’aperçoivent qu’« il y a quelque chose de pas normal ». D’observations en soupçons, la société porte plainte auprès de la police, mardi, pour « intrusion dans un système automatique de données », « vol de données » et « abus de confiance ».

Dès le lendemain matin, elle est interpellée par les enquêteurs de la section économique et financière de la PJ de Versailles, placée en garde à vue puis sous les verrous, vendredi, à la maison d’arrêt des femmes de la ville. L’intéressée nie les faits. Une perquisition à son domicile permet pourtant de dénicher six ordinateurs où sont stockées des données de Valeo. « Ce qui est sûr, c’est qu’elle avait accès à des dossiers confidentiels et qu’elle a enregistré des dossiers informatiques qu’elle a rapportés chez elle. Les données sont en cours d’analyse par les services de police. »

« Electron libre ». Pour l’équipementier, qui fournit les plus grandes marques d’automobile, le dossier est évidemment « très sensible ». « Valeo travaille essentiellement pour le compte des constructeurs et est tenu, pour des raisons d’avantages concurrentiels, de conserver secrets les plans des produits qu’on leur fournit jusqu’à la sortie sur le marché, indique un cadre. Tout ce qu’on peut dire, c’est qu’il s’agit de guerre économique. Mais on ne sait pas s’il s’agit juste d’un électron libre, agissant pour son propre compte, ou plus que ça. »


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