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Les Belges ignorent les alertes du MI5

La Libre

samedi 20 janvier 2007, sélectionné par Spyworld

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Le MI5 pense qu’un nouvel attentat sur le sol britannique est " très probable ". Pourtant, les touristes belges reviennent - pas vraiment informés.

Les touristes ne semblent pas s’inquiéter du niveau élevé d’alerte terroriste au Royaume-Uni, pourtant martelé par les autorités britanniques.

Le MI5 - le service de renseignement chargé de contrer les menaces intérieures - continue de juger "sérieux" le risque d’attentat en Grande-Bretagne, ce qui signifie selon lui qu’"une attaque est très probable".

Pourtant, on assiste d’après les tours opérateurs belges à une reprise des voyages vers Londres et d’autres villes britanniques, qui compensent les importantes pertes subies après les attentats meurtriers (56 morts, 700 blessés) du 7 juillet 2005.

"On ne peut pas nier que la ville a souffert de ces événements", explique Veerle De Boeck, de l’Association Belge des Tour Operateurs (ABTO). "Ceci dit, Londres a aussi souffert d’autres facteurs, comme la compétition imposée dans les citytrips par des villes comme Barcelone".

Même analyse d’un responsable des relations publiques de l’organisation VisitBritain à Londres, Elliott Frisby : "Les attentats du 11 septembre, qui avaient vu les avions cloués au sol, ont eu bien plus d’impact sur le tourisme que ceux de juillet 2005", dit-il. "Mais nous souffrons de la compétition et de la baisse des visiteurs américains et japonais, liée au ralentissement de leur économie". Il ajoute que le seul message qu’il adresse aux touristes étrangers est que les forces de sécurité britanniques "figurent parmi les meilleures du monde".

Pas d’avis de voyage belge

Selon l’ABTO, le Royaume-Uni a reculé de 36,1 pc dans les destinations de l’hiver 2005-06, puis a gagné 30,5 pc pour les réservations faites par les touristes belges cet hiver - des chiffres clôturés au 30 novembre dernier.

Le gouvernement britannique n’informe pas les touristes étrangers des risques qu’ils encourent. Il estime que la responsabilité incombe aux autorités de chaque pays. Le problème est qu’en Belgique, le ministère des Affaires étrangères n’émet pas d’avis de voyage sur le Royaume-Uni, ni sur d’autres pays de l’Union européenne.

"C’est une question de moyens et beaucoup d’informations se retrouvent déjà dans la presse", explique Rudy Huygelen, porte-parole des Affaires étrangères. "Si il y a un problème, on fait un flash news, sinon il y a un avis général sur le terrorisme appelant notamment à la prudence dans les endroits forts fréquentés", ajoute-t-il.

Au Royaume-Uni, le gouvernement joue la transparence pour faire prendre conscience à la population des risques d’attentats, l’éduquer à la prudence et l’inciter à dénoncer des comportements suspects. Il avait été pris par surprise par les attentats de juillet 2005.

En novembre dernier, le directeur général du MI5, Eliza Manningham-Buller, n’avait pas hésité à sortir de son habituel mutisme. Elle avait indiqué que les forces de police avaient connaissance de "douzaines de complots pour tuer des gens et nuire à l’économie britannique". Près de 200 réseaux terroristes et plus de 1 600 personnes sont, selon elle, sous enquête.

Sur une échelle de cinq

Le niveau d’alerte "sérieux" du MI5 correspond au quatrième sur une échelle de cinq. Le plus élevé serait une situation "critique" lors qu’une attaque est "attendue de façon imminente".

Pour le MI5, la menace provient du réseau al Qaida et "de ceux qui partagent son idéologie mais n’ont pas de contact avec lui". Du fait que les édifices publics et les ambassades sont aujourd’hui mieux protégés, les groupes terroristes s’attaquent selon les experts à des "soft targets" comme des lieux touristiques, des terrasses de restaurants ou des transports publics.


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