mercredi 20 septembre 2017

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Philippines : Manille annonce la mort du chef du groupe islamiste Abou Sayyaf

Francis Deron, le Monde

lundi 22 janvier 2007, sélectionné par Spyworld

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Le gouvernement philippin a annoncé la mort du chef du groupe islamiste violent Abou Sayyaf, Khadaffy Janjalani, survenue lors d’un accrochage militaire, en septembre 2006, dans l’île méridionale de Jolo (à mi-chemin de la Malaisie orientale dans la mer des Célèbes). Des tests ADN pratiqués aux Etats-Unis à partir d’échantillons prélevés sur son frère Hector Janjalani, qui est en prison aux Philippines, ont confirmé l’identité du cadavre partiellement décomposé retrouvé deux mois après le combat par les militaires philippins dans un des bastions jungle du groupe, ont indiqué les responsables, samedi 20 janvier.

L’homme âgé d’une trentaine d’années figurait en bonne place sur la liste des activistes islamistes recherchés par les Etats-Unis pour un nombre impressionnant d’actions terroristes dans le sud des Philippines, principalement à l’encontre de touristes, de missions chrétiennes et d’intérêts chinois à partir de 1994. Abou Sayyaf aurait à son compte plus de deux cents morts et diverses prises d’otages, parfois libérés par le paiement de rançons transitant par la Libye.

Les militaires philippins, qui sont "assistés" par l’armée américaine – laquelle ne participe officiellement pas au combat – ont institué un état d’alerte maximum, par craintes de représailles, à travers l’île principale de Mindanao et ses dépendances insulaires après l’annonce faite à Manille par le général Hermogenes Esperon, chef de l’armée. Mindanao, à prédominance musulmane dans le plus grand pays chrétien d’Asie, est le théâtre de plusieurs insurrections parallèles depuis des décennies.

La confirmation de la mort de Khadaffy Janjalani survient après celle, annoncée voici quelques jours, de Abou Sulaiman, un de ses lieutenants soupçonnés d’avoir organisé l’attentat contre un ferry au large de Manille en 2004, qui avait fait 116 morts. Les militaires philippines et américains pensent également que le groupe Abou Sayyaf ("Commandant du Glaive") a reçu l’apport de plusieurs chefs en fuite de la mouvance islamistes régionales liée au réseau Al-Qaida, la Jemaah Islamiyah (JI), auteur présumé de la plupart des attentats survenus en Indonésie à partir de 2000. Khadaffy Janjalani passe pour avoir pris le commandement du groupe, dont les contours et l’organisation sont à cheval entre le militantisme islamiste et le grand banditisme, en 1998 lors de la mort de son frère aîné Abubakar Abdurajak Janjalani, dans un échange de coups de feu avec la police.

Le groupe a ses origines dans les combats anti-soviétiques d’Afghanistan dans les années 1980 mais le dénommé Khadaffy n’y a pas fait ses armes, étant plutôt, selon les services de renseignement philippins, un jeune urbain de Mindanao amateur de belle vie. "Ce n’était pas un prêcheur islamiste mais un jeune aventurier", a résumé Rodolfo Mendoza, officier supérieur de police qui l’a interrogé en prison en 1995 avant que le militant ne s’échappe. Abou Sayyaf est soupçonné d’avoir reçu des financements d’Oussama Ben Laden, le chef d’Al-Qaida.

L’opération américano-philippine en cours depuis plusieurs mois à Jolo mobilise quelque 5 000 hommes. Si elle a peut-être décapité l’organisation, les services de renseignement disposent cependant d’une liste d’au moins trois sous-chefs activement recherchés, Radulan Shahiron, Isnilon Hapilon et Abu Pula. Ils estiment à environ 300 le nombre des insurgés encore actifs, qui ont bénéficié de liens avec des milieux financiers occultes du Moyen-Orient.


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