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Sécurité : les sites de cartographie sont-ils trop précis ?

Laurent Dupin, ZDNet France

lundi 22 janvier 2007, sélectionné par Spyworld

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Selon l’armée britannique, Google Earth aurait servi à préparer des attaques contre ses troupes en Irak. En France, le site Geoportail dit "protéger" les zones militaires sensibles. Des situations qui relancent le débat sur l’usage de ce type de site.

La question de la visibilité des "zones sensibles" sur les services gratuits de cartographie en ligne, refait la une après les révélations de The Telegraph. Dans son édition du 13 janvier, le quotidien britannique affirme que des « terroristes insurgés irakiens » s’aideraient de Google Earth pour préparer des attaques contre les forces britanniques basées dans la ville de Bassora.

Des impressions papier des cartes géographiques du service de Google ont en effet été saisies dernièrement au domicile de plusieurs présumés « terroristes » ou « insurgés », selon le journal. Les militaires n’ont aucune preuve de l’utilisation effective des cartes, mais évoquent un faisceau de présomptions. Selon un porte-parole de l’armée, « la menace est constante concernant des missions de reconnaissance pour accéder à nos installations. Utiliser des images sur internet est juste une autre méthode pour y parvenir ».

Du côté de la société américaine, on rappelle que GoogleEarth est un « outil » par essence neutre, dont l’utilisation est libre sans que l’éditeur puisse en être responsable. « Bien sûr, nous sommes toujours prêts à recevoir les requêtes de gouvernements », précise cependant Google.

Néanmoins, suite à l’information diffusée par l’armée britannique, Google a modifié ses cartes en conséquence, comme l’indiquait la semaine dernière le quotidien The Register.

Google décline toute responsabilité mais rectifie le tir

Quid de la situation en France ? Le service concurrent GeoPortail, édité par l’Institut Géographique National, connaît-il ce problème ? « Nous n’avons pas eu d’affaire de ce type », nous indique Patrick Leboeuf, son directeur. Concernant les zones sensibles à caractère militaire, le site les a d’abord fait apparaître sous la forme de zones blanches. Un artifice qui n’empêchait nullement leur localisation...Le site a donc opté pour diverses solutions de dégradation et un floutage plus discret, mais tout aussi efficace, assure le responsable, sachant « qu’aucune donnée n’est mise en ligne sans autorisation ».

Une manière d’épingler la philosophie de Google : « On le voit avec les éditeurs de livres. Google scanne, met en ligne et dit ensuite "si vous n’êtes pas d’accord, dites-le nous". C’est un peu la même chose avec les fonds de carte ». Le responsable de l’IGN ouvre le débat : « Toute information est-elle publiable en l’état ? Nous, nous répondons non. Notez que Google ne se permet pas de tout publier sur les États-Unis... »


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2 Messages de forum

  • Les images de google map sont des images qui sont de toute façon disponibles pour le grand public ... Quel est donc le problème ?

    Voir en ligne : c’est pas sur Google qu’il faut taper

    • Sécurité : les sites de cartographie sont-ils trop précis ? 22 janvier 2007 22:03, par Spirit of Bercy

      La chronologie de la précision du zonage de la France métropolitaine suffit à démontrer un intérêt malsain de Goggle Earth pour les sites stratégiques français. En effet, le territoire national était initialement presque entièrement en basse résolution, sauf, à titre d’exemple : l’usine de retaitement de la Hague, l’Ile-Longue et la zone sensible qui est à côté (flou à la mise en service de GE, mais en HQ depuis 8 mois), les rades de Brest et de Toulon (mais pas le golfe du Morbihan ni la baie de Somme !), les sites nucléaires de la vallée du Rhône.
      Depuis quelques temps, la résolution s’est améliorée pour l’ensemble du territoire, mais je persiste dans mon impression de meilleure qualité d’image quand c’est "utile".
      Rien de grave, mais pratique pour les ONG qui ne nous veulent pas que du bien.

      Spirit of Bercy