jeudi 14 décembre 2017

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Canal+ dément avoir demandé la surveillance de Gaccio

C. L., le Figaro

mercredi 4 mai 2005, sélectionné par Spyworld

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L’ancien agent Pierre Martinet affirme détenir des notes écrites de la main d’un responsable de la chaîne

Cantonnées jusqu’ici à la sphère médiatique, les accusations d’espionnage formulées contre deux cadres de Canal + par l’ancien agent de la DGSE Pierre Martinet se trouvent désormais entre les mains de la justice. Hier, le procureur de la République de Paris a reçu par courrier un exemplaire du livre Un agent secret sort de l’ombre (éditions Privé). Accompagné d’une lettre de Martinet, le document se trouvait en fin de journée à l’étude au parquet. Au même moment, le principal mis en cause, Gilles Kaehlin, a annoncé son intention de démissionner de la chaîne pour être en mesure d’assurer sa « défense en toute liberté ».

A l’origine de l’affaire, Pierre Martinet assure dans son livre avoir effectué courant 2002 des missions de renseignement « portant sur une dizaine de personnes », à la demande de Gilles Kaehlin, directeur des moyens généraux du groupe Canal +, et de son adjoint Gilbert Borelli. Principales « cibles » visées, selon lui : plusieurs employés de la chaîne, dont le créateur des « Guignols » Bruno Gaccio et Michel Rocher, ancien directeur technique de Studio Canal, qui a porté plainte contre X. Ainsi que quelques personnes extérieures à l’entreprise, dont l’auteur d’un livre sur Canal +.

Contestées par les deux mis en cause, ces affirmations reposent principalement sur les dires de Martinet - qui a été employé environ un an par la chaîne, au sein de la cellule « service de sécurité des systèmes d’information » -, ainsi que sur quelques éléments matériels délicats à interpréter. A l’appui de sa version des faits, l’ancien militaire présente ainsi un document manuscrit à l’encre bleue comportant divers renseignements privés sur Bruno Gaccio : un numéro de compte bancaire dans une grande banque étrangère, des informations sur certains de ses proches et des données fiscales le concernant. « C’est Kaehlin qui a rédigé cette note avant de me la remettre », assure Martinet. « Faux, réplique Kaehlin : je n’ai jamais consigné le moindre renseignement sur Bruno Gaccio. »

Autre élément troublant, un fonctionnaire de police rattaché au Service de coopération technique internationale de la police (Sctip) a tout récemment reconnu devant l’Inspection générale de la police nationale avoir, courant 2002, remis à Pierre Martinet une liste d’appels passés par le téléphone mobile de l’humoriste. Il aurait, selon les premiers éléments de l’enquête, transmis cette pièce « pour rendre service à Gilbert Borelli ». Mais les enquêteurs ignorent encore comment il s’est procuré le document, qui ne peut en principe être obtenu auprès de l’opérateur que sur réquisition officielle d’un service de police.

Principale cible de ce système d’espionnage présumé, Bruno Gaccio a annoncé hier son intention de déposer plainte le 10 mai prochain.

Photo : Bruno Gaccio, l’un des auteurs des « Guignols » de Canal+. (Photo AFP)


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