vendredi 15 décembre 2017

Accueil du site > Renseignement > International > La Chine entre espionnage et intelligence économique

La Chine entre espionnage et intelligence économique

Chine-informations.com

jeudi 25 janvier 2007, sélectionné par Spyworld

logo

En 2005, l’affaire de la jeune stagiaire chinoise chez Valéo accusée d’espionnage industriel a cristallisé les inquiétudes françaises sur le développement de l’espionnage économique chinois qui menacerait certaines entreprises françaises. Mais qu’en est-il réellement ? Quelles sont les méthodes chinoises ? Comment les entreprises françaises s’arment-elles pour défendre leur patrimoine informationnel et technologique ? Avec Eric Denécé, Président du Centre français de recherche sur le renseignement (CF2R) et Fabrice Lombardo, professeur à l’Ecole de guerre économique (EGE) et spécialiste Asie

Le renseignement n’est pas une activité propre à la Chine. Chaque Etat a ses propres services de renseignement. Mais depuis la fin de la guerre froide, le renseignement, apanage étatique, s’est aussi développé au sein des entreprises. Pour faire face à une concurrence de plus en plus accrue, les entreprises ont mis en place de véritables départements d’intelligence économique. Par intelligence économique, on entend « un outil capable de détecter des menaces et des opportunités de toute nature dans un contexte de concurrence exacerbée. Les lois ordinaires du marché ne permettent plus à elles seules d’expliquer les succès ou les échecs de l’entreprise ». Les Américains sont les plus en avance dans ce domaine.

En Chine cependant, il n’y a pas encore de véritables départements d’intelligence économique dans les entreprises. Comme l’explique Eric Denécé, « la Chine en matière de renseignement est encore dans une logique étatique qui ressemblerait à celle pratiqué jadis par l’Union soviétique ». Si la Chine pratique l’espionnage industriel « c’est plus pour rapporter de la technologie que pour gagner des parts de marché » poursuit le président de Centre français de recherche sur le renseignement.

En 2005, une affaire d’espionnage éclate chez l’équipementier automobile Valéo à Guyancourt. Lili, une jeune stagiaire chinoise est soupçonnée d’espionnage industriel par la justice française. La jeune femme timide devient alors en quelques jours la Mata Hari chinoise. Finalement, elle n’a pas été reconnue coupable. « Mais on ne connaît pas le fin mot de l’histoire » explique Eric Denécé. Certes, la Chine est souvent considérée comme un des pays les plus agressifs en matière d’intelligence économique mais il faut aussi se méfier des concurrents des entreprises françaises. « Dans le cas de l’affaire Valéeo, un concurrent italien ou allemand aurait très bien pu manipuler pour son compte une jeune stagiaire chinoise » poursuit le président du CF2R. « Il faut être ni naïf ni paranoiai » comme le disait Alain Juillet, haut responsable de l’intelligence économique à l’époque.

Mais ce genre d’affaires montre que des entreprises sont encore mal préparées à cette nouvelle réalité. « En matière d’intelligence économique, les Français même s’ils ont fait des progrès , restent encore très naïfs » conclut Eric Denécé.


Envoyer : Newsletter Imprimer : Imprimer Format PDF : Enregistrer au format PDF PartagerPartager :