dimanche 22 octobre 2017

Accueil du site > Défense > International > Prague accepte d’accueillir le bouclier antimissile américain

Prague accepte d’accueillir le bouclier antimissile américain

Martin Plichta et Célia Chauffour, le Monde

jeudi 25 janvier 2007, sélectionné par Spyworld

logo

Le gouvernement de Mirek Topolanek a accepté, mercredi 24 janvier, la demande américaine d’accueillir sur le territoire de la République tchèque une base relevant du système de bouclier antimissile que Washington souhaite mettre en place en marge de l’OTAN. Le cabinet a en outre vigoureusement écarté l’idée de l’organisation d’un référendum sur la question. "Les questions de défense nationale ne peuvent être soumises à approbation populaire", a déclaré le premier ministre à l’issue d’une réunion extraordinaire du Conseil de sécurité national.

La base américaine en République tchèque doit accueillir un radar, tandis que la base que Washington souhaite installer en Pologne accueillerait un site de lancement de missiles.

Après plus de deux ans de discussions, la demande officielle du gouvernement américain à la République tchèque et à la Pologne a été présentée le 19 janvier. Le lendemain, une manifestation baptisée "Non aux bases militaires" a rassemblé plusieurs centaines de personnes à Prague, réclamant "un vrai débat démocratique", a déclaré la coordinatrice du mouvement, Ivona Novomestska, et l’organisation d’un référendum.

M. Topolanek, qui a chargé les ministres des affaires étrangères et de la défense de "régler les derniers détails du traité bilatéral" avec Washington, prévoit que sa ratification interviendra en 2008, après une année de "campagne d’explication en direction des parlementaires et des citoyens". Le gouvernement tchèque compte aussi convaincre Moscou que le radar ne menace pas la Russie.

MISE EN GARDE RUSSE

Varsovie, de son côté, tergiverse. Le Conseil de sécurité national doit se prononcer ces prochains jours sur la proposition américaine. Le premier ministre conservateur, Jaroslaw Kaczynski, a d’ores et déjà prévenu que les négociations avec Washington seraient "âpres". Le gouvernement espère obtenir des Etats-Unis des garanties sécuritaires supplémentaires, parmi lesquelles l’installation d’un système de missiles antimissiles Patriot, ainsi qu’une coopération renforcée entre les services de renseignement.

Membre de la coalition gouvernementale, le parti antilibéral Samoobrona (Autodéfense) a fait savoir qu’il s’opposait au projet américain et a proposé la tenue d’un référendum. Principale force d’opposition, la droite libérale a indiqué qu’elle pourrait soutenir la proposition de Washington à condition que le bouclier antimissile intègre le système de défense de l’OTAN et qu’il ne mette pas en cause la politique européenne de défense.

A Moscou, le général Vladimir Popovkin, responsable des armes spatiales de l’armée russe, a mis en garde Prague et Varsovie. "Ces bases réclament une réponse appropriée de la Russie (car elles) sont tournés contre le pays, a-t-il déclaré. Je doute que la trajectoire des missiles iraniens ou nord-coréens passe par la République tchèque ou la Pologne."


Envoyer : Newsletter Imprimer : Imprimer Format PDF : Enregistrer au format PDF PartagerPartager :