dimanche 17 décembre 2017

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L’armée de terre se met en quête de nouvelles recrues

Arnaud de la Grange, le Figaro

jeudi 25 janvier 2007, sélectionné par Spyworld

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Une nouvelle campagne de recrutement vise à inverser un taux de candidatures à la baisse.

POUR les armées de terre occidentales, remplir les rangs s’avère de moins en moins simple. En France, on n’est pas en Grande-Bretagne - où il manque près de 3 000 hommes sur un effectif de 110 000 -, mais l’inquiétude pointe. D’où l’offensive campagne de recrutement lancée cette semaine (lire encadré).

Premier recruteur de jeunes en France, l’armée de terre doit pourvoir cette année 13 000 postes (11 000 engagés volontaires, 1 500 sous-officiers et 500 officiers). Si les effectifs seront selon toute vraisemblance atteints, la qualité du recrutement est plus menacée. Le taux de sélection, naguère d’environ 3 candidats pour un poste, est aujourd’hui tombé à 1,8 postulant par offre. Ces difficultés dans le recrutement s’expliquent par plusieurs facteurs : un contexte démographique peu favorable, du moins à court terme, avant que la remontée du taux de fécondité ne fasse sentir ses effets ; la reprise économique et la baisse du chômage ; une concurrence forte et nouvelle du secteur privé, enfin. « Nous avons depuis longtemps l’habitude de redonner une chance aux jeunes en situation d’échec, explique le colonel Desgrées du Lou. Or, le marché de l’emploi se durcissant, de plus en plus d’entreprises se mettent sur ce créneau, en offrant à ces jeunes une qualification. »

Plus encore qu’à attirer, c’est à conserver ses recrues que l’armée de terre peine. « Notre armée doit rester jeune et donc se renouveler, explique le général Bruno Cuche, chef d’état-major de l’armée de terre, mais il faut contrôler cette évaporation. Or, nous avons de plus en plus de mal à garder cette ressource. » Les jeunes engagés restent en moyenne cinq ans, alors que la durée souhaitable serait d’au moins huit ans. D’où le slogan de la nouvelle campagne : « Lorsque vous vous engagez, nous nous engageons. » L’armée de terre emploie les grands moyens pour le suivi du parcours professionnel des engagés et leur reconversion, avec par exemple la création d’une vingtaine d’agences d’aide au placement sur tout le territoire. « L’effort va aussi porter sur une meilleure intégration des jeunes dans l’armée, pour qu’ils s’y sentent bien, poursuit le général Cuche, et surtout, qu’ils réalisent qu’ils ne sont pas coupés du monde. » Depuis la professionnalisation, cette crainte d’isolement dans un monde à part serait un des principaux freins à l’engagement.

Priorité à la formation

Une baisse potentielle du niveau général des recrues est préoccupante, alors que l’on demande de plus en plus au combattant de base. Même si elle est moins technique que la marine ou l’armée de l’air, l’armée de terre met en oeuvre des armements de plus en plus sophistiqués et va vivre bientôt à l’heure de la numérisation du champ de bataille. Qui plus est, les nouveaux engagements demandent de plus en plus d’initiative individuelle, y compris au plus bas échelon. La médiatisation en temps réel peut donner au geste d’un combattant posté sur un check-point en Côte d’Ivoire une portée internationale.

Dans les états-majors, on se veut rassurant. « Il faut juste accepter de mettre le prix et le temps nécessaire pour la formation, ce qui sera notre grande priorité, explique le général Olivier de Bavinchove, patron du recrutement. Une démarche trop élitiste, sélective à outrance, nous couperait d’ailleurs d’une richesse humaine formidable, qui est celle que le pays attend de son armée. »


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