lundi 23 octobre 2017

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Inde : Poutine en quête de contrats dans la défense et l’énergie

AFP

jeudi 25 janvier 2007, sélectionné par Spyworld

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Le président russe Vladimir Poutine a entamé jeudi une visite en Inde avec l’ambition de dynamiser les relations des vieux alliés de la Guerre froide grâce à de nouveaux contrats dans la défense et l’énergie, au moment où New Delhi se rapproche des Etats-Unis.

Dès son arrivée dans la capitale indienne, M. Poutine s’est entretenu avec le Premier ministre Manmohan Singh et devait voir la présidente du Parti du Congrès Sonia Gandhi et le ministre du Pétrole Murli Deora.

Surtout, il sera l’invité d’honneur vendredi d’un grand défilé militaire à New Delhi pour commémorer la fondation de la République indienne le 26 janvier 1950.

Moscou et New Delhi ont promis cette semaine, lors de la visite en Inde du ministre de la Défense Sergueï Ivanov, des accords dans l’aéronautique militaire, le nucléaire civil ou l’industrie spatiale. Mercredi, ils ont scellé un contrat de 250 millions de dollars pour la production conjointe de 120 moteurs destinés au chasseur russe Mig-29 et une lettre d’intention pour la production d’avions de transport militaire.

L’Inde constitue "l’une des priorités de la politique étrangère russe", a assuré M. Ivanov. Son homologue A.K. Antony a salué un "autre évènement historique" dans les relations bilatérales. Aujourd’hui, la Russie table sur "dix milliards de dollars d’échanges (avec l’Inde) d’ici à 2010" contre 3,1 milliards actuellement, a déclaré M. Poutine avant son arrivée, réitérant l’objectif fixé fin 2004.

Pour l’instant, le commerce bilatéral est surtout militaire. Soixante-dix pour cent des armes de l’Inde sont russes ou soviétiques mais des retards de livraisons de chars et des différends commerciaux ont poussé New Delhi à se tourner vers la Grande-Bretagne, la France, Israël ou les Etats-Unis.

Les dépenses d’armement de l’Inde s’élèveront à 10 milliards de dollars entre 2007 et 2012, selon son gouvernement. L’essentiel sera absorbé par un appel d’offres pour 126 avions de chasse que New Delhi doit lancer prochainement, un contrat évalué à entre 6,5 et 9 milliards de dollars.

L’avionneur Dassault avec son Rafale et EADS avec l’Eurofighter comptent se porter candidats. Ils feraient face au F/A-18E/F de Boeing, au F-16 de Lockheed Martin et au Mig-35 russe. Le géant asiatique, en pleine croissance, a également soif de produits énergétiques et un accord est attendu pour quatre réacteurs supplémentaires dans la centrale nucléaire de Kudankulam (Tamil Nadu, Sud), déjà bâtie avec l’aide des Russes.

"Nous avons l’intention d’aider directement l’Inde pour la construction d’installations énergétiques nucléaires à usage pacifique", a assuré M. Poutine.

Les Indiens convoitent aussi une part d’un projet de champ pétrolier russe.

"Il y a clairement une compatibilité entre les exigences de l’Inde et les ressources de la Russie", a résumé M. Singh.

Et loin de "l’Union soviétique (qui regardait) l’Inde comme un petit frère", Moscou et New Delhi veulent maintenant "élargir leurs relations à l’économie", a estimé Fiodor Loukianov, du journal Russia In Global Affairs. De fait, Moscou n’est plus "l’allié le plus sûr de New Delhi dans les temps difficiles" comme au temps de la Guerre froide, selon un diplomate indien.

L’Inde se tourne vers les Etats-Unis, comme le montre leur accord de coopération sur le nucléaire civil. En le promulguant en décembre, le président George W. Bush a vanté un "accord historique" et un "nouveau partenariat stratégique". En échange de combustible, l’Inde a accepté de placer ses réacteurs nucléaires civils sous contrôle international.


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