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Rapt imam : l’ex-chef du renseignement italien veut que Berlusconi témoigne

AFP

lundi 29 janvier 2007, sélectionné par Spyworld

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Se considérant comme "un bouc émissaire", l’ex- chef du renseignement militaire italien a réclamé lundi devant un juge de Milan le témoignage de Silvio Berlusconi afin de dégager sa responsabilité dans l’affaire de l’enlèvement en Italie d’un ex-imam par la CIA en 2003.

"Je me considère comme un bouc émissaire, une victime à sacrifier", a déclaré le général Nicolo Pollari, selon ses avocats cités par l’agence Ansa. Ces derniers ont assuré que des document couverts par le secret d’Etat lui permettraient de prouver son innocence.

Selon Me Titta Madia, l’un des deux avocats de M. Pollari, il existe "environ 80 documents couverts par le secret d’Etat" qui permettraient de disculper son client.

A l’appui de leur demande de convocation de l’ex-chef du gouvernement Silvio Berlusconi et de l’ex-ministre de la Défense Antonio Martino, les défenseurs de M. Pollari ont affirmé que ces derniers "pourraient confirmer que le général Pollari s’est opposé, sans équivoque et avec fermeté, à tout projet illégal, y compris ceux ayant pour objectif la lutte contre le terrorisme".

L’ancien chef du gouvernement italien (2001-2006) a démenti à plusieurs reprises être au courant de l’enlèvement de l’ex-imam, mais la presse italienne écrivait en décembre 2005, citant le quotidien américain Washington Post, que "Silvio Berlusconi avait approuvé l’opération".

Le juge de Milan doit se prononcer sur la demande de renvoi devant la justice de 35 personnes, notamment pour M. Pollari et 26 agents de la CIA. Une nouvelle audience aura lieu le 6 février.

Le parquet de Milan a demandé début décembre que 35 suspects au total soient jugés pour enlèvement ou complicité d’enlèvement de l’ex-imam.

Outre le général Pollari, limogé de son poste à la tête du renseignement militaire (SISMI) le 20 novembre, cinq autres Italiens sont mis en cause dans cet enlèvement, notamment l’ancien numéro deux du SISMI, Marco Mancini.

Soupçonné de terrorisme, Abou Omar a été enlevé le 17 février 2003 à Milan par un commando de la CIA aidé par des agents italiens, selon le parquet.

Transféré en Egypte après le rapt, il y a été incarcéré et affirme y avoir été torturé.

Cette affaire empoisonne les relations entre Rome et Washington car la justice italienne a demandé l’extradition des 26 agents de la CIA.

Cette requête se trouve à l’heure actuelle sur le bureau du ministre de la Justice, Clemente Mastella, seul habilité à la transmettre aux Etats-Unis.

Son prédécesseur, de droite, avait refusé d’adresser une demande semblable à Washington.


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