jeudi 19 octobre 2017

Accueil du site > Renseignement > International > Litvinenko : Scotland Yard gêné par Moscou

Litvinenko : Scotland Yard gêné par Moscou

L. M., le Figaro

mardi 30 janvier 2007, sélectionné par Spyworld

logo

Deux suspects dans l’affaire de l’ex-agent secret empoisonné au polonium radioactif se trouvent dans le pays.

APRÈS PLUS de deux mois d’une enquête tous azimuts, qui a plongé les relations russo-britanniques dans la tourmente, Scotland Yard serait parvenu à la conclusion que l’empoisonnement de l’ex-agent russe Alexandre Litvinenko, assassiné en novembre 2006 à Londres avec du polonium 210 radioactif, a été « parrainé par un État et orchestré par les services de sécurité russes ». C’est ce qu’a annoncé vendredi la chaîne de télévision américaine ABC News sur son site Internet, citant « un haut responsable britannique ».

À en croire plusieurs médias anglo-saxons qui citent des sources policières anglaises, c’est bien le 1er novembre dernier, lors d’une rencontre à l’hôtel Millenium avec les ex-agents russes Andreï Lougovoï, Dimitri Kovtoun et un troisième homme nommé Vladimir Sokolenko, que l’ex-espion aurait absorbé, dans son thé, une dose radioactive fatale. ABC a précisé que la théière avait continué d’être utilisée avant d’être récupérée par les enquêteurs, alors qu’elle émettait de fortes radiations. Outre Litvinenko, au moins huit autres personnes travaillant dans l’hôtel et un client auraient été en contact avec cette substance.

Selon le quotidien britannique Guardian, Scotland Yard aurait bouclé son enquête et s’apprêterait à transmettre le dossier au parquet, dans l’espoir de parvenir à une demande d’extradition de Lougovoï et de Kovtoun. Mais un État n’extradant généralement pas ses ressortissants, les policiers britanniques savent qu’ils n’obtiendront pas la livraison des suspects. « Les enquêteurs ont expliqué à la veuve (de Litvinenko, NDLR) qu’ils étaient sûrs de savoir qui l’avait empoisonné et d’avoir résolu l’affaire mais qu’ils n’avaient pas d’autre alternative que de refermer le dossier parce qu’ils n’avaient aucune chance d’obtenir l’extradition des suspects », précise le journal dominical.

Pas d’extradition

Hier, l’homme d’affaires Andreï Lougovoï, qui fit partie de la 9e direction du KGB avant d’être employé au service de sécurité de l’oligarque Boris Berezovski, a démenti une nouvelle fois être à l’origine de l’empoisonnement de Litvinenko. « Je suis juste un témoin dans l’affaire Litvinenko, pas suspect. Les détectives de Scotland Yard me l’ont officiellement dit lorsqu’ils étaient à Moscou » en décembre, a-t-il assuré. Des traces de radioactivité auraient été retrouvées dans le sillage de Lougovoï, y compris avant sa rencontre avec Litvinenko. « L’expliquer est le travail des spécialistes », s’est-il défendu, qualifiant les informations publiées par les médias britanniques de « propagande » anti-russe.

Lougovoï n’a pas exclu de venir volontairement en Grande-Bretagne si Scotland Yard le lui demandait. Mais la semaine dernière, le parquet russe a réaffirmé qu’il n’y aurait pas d’extradition de Lougovoï et de Kovtoun vers la Grande-Bretagne.


Envoyer : Newsletter Imprimer : Imprimer Format PDF : Enregistrer au format PDF PartagerPartager :