dimanche 22 octobre 2017

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Risque de conflits d’intérêts pour le prochain chef du renseignement américain

AP

mercredi 31 janvier 2007, sélectionné par Spyworld

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La nomination de Mike McConnell au poste de directeur national du renseignement, qui doit encore être confirmée par le Sénat américain, suscite des interrogations sur de possibles conflits d’intérêts : le vice-amiral en retraite a été consultant pour une entreprise tirant une part importante de ses revenus de la défense nationale.

M. McConnell a été nommé début janvier par le président George W. Bush dans le cadre du changement de stratégie américaine en Irak, qui s’est notamment traduit par la désignation d’un nouveau chef des forces américaines dans la région, l’amiral William Fallon.

Depuis son départ en retraite en 1996, Mike McConnell occupait les fonctions de vice-président de Booz Allen Hamilton Inc., un des principaux cabinets de conseil américains. Il a travaillé à ce titre avec de hauts responsables militaires et des services secrets, ceux-là mêmes qu’il sera chargé de superviser en tant que directeur national du renseignement.

En mai dernier, par exemple, Mike McConnell et d’autres dirigeants de Booz Allen Hamilton ont rencontré en privé le général Craig Koziol, un haut responsable du renseignement de l’Armée de l’air, chargé des questions de guerre électronique.

Selon des documents obtenus par l’Associated Press en vertu de la Loi sur la liberté d’information, Booz Allen Hamilton a conclu par la suite un contrat avec l’Agence du renseignement de l’armée de l’air -une des instances placées sous la responsabilité du directeur national du renseignement, qui chapeaute au total 16 agences fédérales, au premier rang desquelles la CIA.

Booz Allen Hamilton s’attend donc à ce que les relations entre l’entreprise et le futur maître-espion soient passées au crible. "Je ne pourrai plus le voir dans son bureau", déplore Richard Wilhelm, un autre vice-président de la firme qui travaille avec lui depuis plus de 30 ans. "Il a dit, ’malheureusement, les gars, je ne vais plus pouvoir vous parler. Nous allons devoir faire très attention’."

L’audition de Mike McConnell par la Commission de renseignement du Sénat est prévue jeudi. Un des membres de la Commission, le démocrate Ron Wyden, a dores et déjà prévenu que l’ex-militaire serait amené à s’expliquer sur son travail de consultant et ses répercussions sur les fonctions de directeur national du renseignement.

Les différentes agences américaines font largement appel à des consultants extérieurs, souvent recrutés selon des modalités gardées secrètes pour des raisons de sécurité nationale. La Maison Blanche a assuré que M. McConnell devra renoncer à ses différentes actions et participations s’il est confirmé par le Sénat.

D’après les documents soumis à la Maison Blanche, McConnell, en plus d’un salaire annuel de 1,99 million de dollars (1,5 million d’euros), détient des actions de Booz Allen Hamilton pour un montant d’un à cinq millions de dollars (entre 770.000 et 3,8 millions d’euros), ainsi qu’une participation de 1,15 million de dollars (890.000 euros) dans des fonds d’investissements liés à la firme. L’entreprise assure que des règles très strictes seront mises en place pour éviter tout conflit d’intérêt.

Mike McConnell, si sa nomination est confirmée, percevra à la tête du renseignement américain un salaire annuel de 186.600 dollars. Il a dirigé jusqu’en 1996 l’Agence de sécurité nationale (NSA), chargée des écoutes électroniques.


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