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M. Solana plaide pour la création d’un marché commun de la défense

AFP

vendredi 2 février 2007, sélectionné par Spyworld

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Javier Solana, en tant que patron de l’Agence de défense européenne (ADE), a estimé jeudi que les Européens étaient "condamnés à coopérer" à la création d’un marché commun de la défense pour éviter la disparition de leurs industries militaires.

"Personne ne peut plus avoir l’illusion qu’une industrie de la défense saine et capable de produire toute la gamme des armements peut survivre sur une base nationale. Nous sommes, pourrait-on dire, condamnés à coopérer pour conjuguer nos efforts et nos ressources", a déclaré M. Solana devant 300 experts, à l’occasion d’un symposium de l’ADE sur la base industrielle et technologique de la défense européenne.

"Si nous voulons réussir à consolider cette industrie, tant en matière d’offre que de demande, il est essentiel d’instaurer une concurrence transfrontalière dans un marché de taille continentale. Sa survie en dépend", a ajouté M. Solana, qui cumule les titres de Haut représentant pour la politique extérieure et de sécurité de l’UE et de chef de l’ADE.

L’ADE, qui a introduit l’an dernier un code de bonne conduite dans le domaine des approvisionnements des armées européennes et organisé un affichage des appels d’offres, va continuer d’agir dans cette direction, a souligné M. Solana.

Il a reconnu qu’il y faudrait cependant "une bonne dose de volonté politique", notamment pour convaincre les ministres de la Défense des pays de l’UE de se concerter en toute transparence sur leurs besoins en équipements militaires à l’horizon 2020.

Créée en 2004, l’ADE regroupe 24 des 27 pays de l’UE, le Danemark n’en faisant pas partie, la Bulgarie et la Roumanie devant y entrer cette année.

"Les dépenses américaines en matière de recherche et développement militaire ont augmenté de 9% par an en moyenne entre 2000 et 2005, contre 1,5% celles de l’Europe", a souligné M. Solana, jugeant dans ces conditions "pas surprenant que l’Amérique du nord détienne cinq fois plus de brevets que l’Europe dans les secteurs aérospatial et militaire".

"Sans changements radicaux, il est exclu que nous parvenions à faire survivre une industrie européenne de la défense qui soit compétitive aujourd’hui face aux Américains, et demain face aux Chinois et aux Indiens", a-t-il asséné.

Devant le même auditoire, le commissaire européen à l’Industrie Günther Verheugen a également dénoncé les coûts induits par l’absence de coopération européenne dans le secteur militaire, qui seraient, a-t-il rappelé, de quelque 3,2 milliards d’euros par an, selon un rapport présenté en septembre 2006 par la commission de la Défense du Parlement européen.

Il a rappelé que la Commission travaillait à une série de mesures pour imposer une vraie concurrence dans la passation de marchés pour des matériels non militaires (nourritures, vêtements etc.) destinés aux armées et lever certains obstacles tarifaires à l’intérieur de l’UE, qui seront présentées à l’automne 2007.

Enfin, le président élu de l’Association européenne des industries aérospatiales et de défense (ASD), Ake Svensson, a appuyé "ce débat lancé par l’EDA", se prononçant pour "un marché européen des équipements de défense".

Il a plaidé pour que l’on applique au secteur militaire la recette "très positive" des subventions européennes déjà accordées à l’aéronautique civile.


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