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Le renseignement américain craint une détérioration de la situation en Irak

Benoît Vitkine, le Monde

samedi 3 février 2007, sélectionné par Spyworld

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"Guerre civile" contre "violences confessionnelles". Le choix des termes employés pour définir la situation en Irak continue de faire débat outre-Atlantique. Longtemps réservé à la presse et considéré comme une sorte de positionnement anti-guerre, l’expression "guerre civile" entre dans le lexique des autorités américaines, qui préféraient jusqu’à présent utiliser celui, jugé plus neutre, de "violences confessionnelles".

Un rapport du National Intelligence Council, qui regroupe les seize agences de renseignement américaines, rendu public vendredi 2 février, concède que certaines violences en Irak peuvent être qualifiées de "guerre civile". "La communauté du renseignement juge que lles mots ’guerre civile’ ne représentent pas de manière adéquate la complexité du conflit en Irak. Cependant, l’expression ’guerre civile’ décrit de manière correcte des éléments-clés du conflit en Irak", explique le document. Ces éléments : les violences confessionnelles, la radicalisation des communautés chiite et sunnite et les déplacements de population provoqués par le conflit.

Le rapport met l’accent sur le risque important de voir la situation irakienne se détériorer pour atteindre "un niveau comparable à celui de la fin de l’année 2006", à une échéance de douze à dix-huit mois. Pour ses auteurs, seule une action ferme destinée à arrêter les violences entre communautés pourra empêcher cette dégradation. Sans directement appeler au départ du gouvernement de Nouri Al-Maliki, ils le qualifient vertement d’"illégitime et incompétent", et critiquent une emprise des chiites qui ne peut satisfaire la communauté sunnite.

UN RAPPORT "DUR" MAIS "JUSTE", POUR LA MAISON BLANCHE

Alors que la Maison Blanche a fortement insisté ces dernières semaines sur le rôle déstabilisateur joué par l’Iran et la Syrie, les experts du renseignement prennent le contrepied de cette position, affirmant que les "acteurs extérieurs" ne "jouent pas un rôle-clé dans le climat de violence" en Irak. Les agences de renseignement sont en revanche entièrement en phase avec l’administration Bush concernant l’envoi de nouveaux renforts. Selon le rapport, un retrait – même partiel – des troupes provoquerait un regain important des violences dans le pays. Un rapport que la Maison Blanche a qualifié de "dur" mais "juste".

Stephen Hadley, le conseiller de George W. Bush à la sécurité nationale, a surtout insisté sur le fait que les conclusions des agences de renseignement n’étaient pas en contradiction avec la nouvelle stratégie du président : "En résumé, ce rapport porte un regard dur sur l’Irak, il affiche clairement les défis auxquels nous sommes confrontés, il suggère que nous pouvons réussir avec une bonne politique, et nous pensons que nous avons développé la bonne politique", a-t-il affirmé.


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