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M. Poutine promet une "campagne démocratique" et confie le maintien de l’ordre au FSB

Marie Jégo, le Monde

samedi 3 février 2007, sélectionné par Spyworld

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"La grande conférence de presse", est désormais un rituel : chaque année le président russe, Vladimir Poutine, se prête, plus de trois heures durant, aux questions des journalistes russes et étrangers, invités au grand auditorium du Kremlin. La sixième rencontre avec la presse, jeudi 1er février, avait des allures de performance, avec un nouveau record battu, selon l’agence de presse Itar-Tass. Le président a répondu, "plus de trois heures et demi durant" (cinq minutes de plus qu’en 2006), à 65 questions (soit une de plus qu’en 2006). Cette année, lors de la dernière heure de la conférence de presse, relève l’agence, "le président n’a pas eu recours à son secrétaire de presse Alexeï Gromov, donnant lui-même la parole à tel ou tel reporter".

Enclin à la boutade, jamais embarrassé, le chef de l’Etat russe s’est montré parfaitement à l’aise, devisant calmement avec les journalistes en sirotant de temps à autre une tasse de thé. Les questions, il est vrai, n’étaient guère dérangeantes, portant sur "l’humeur" du président, sur son appréciation de la parade des homosexuels à Moscou ou sur la nécessité ou non de mettre sous la tutelle du Kremlin la région de l’Extrême-Orient russe.

"Etre de mauvaise humeur, cela m’arrive, bien sûr, comme à tout le monde. Dans ce cas, je cherche conseil auprès de ma chienne Connie", a indiqué M. Poutine en référence à son labrador, dont les moindres faits et gestes font le régal des médias russes.

"Pourquoi voulez-vous me chasser avant l’heure ? Je partirai de moi-même", a-t-il lancé, alors qu’il répondait à la question d’un journaliste sur ce qui allait se passer en mars 2008, date de la prochaine élection présidentielle. Parvenu au terme de son second mandat - la Constitution ne l’autorise pas à un troisième -, M. Poutine doit normalement laisser la place.

La question taraude l’ensemble de la société. Le président, doté de la confiance de 81 % de la population, selon un récent sondage du centre indépendant Levada, est régulièrement invité à rester. En 2005 en Ossétie, un comité avait été créé autour de l’idée d’un troisième mandat. En août 2006, le Parlement de Tchétchénie a envoyé à Moscou une supplique en ce sens.

"Il n’y aura aucun successeur désigné, il y aura des candidats au poste de président", a indiqué M. Poutine, promettant "une campagne électorale démocratique". Les représentants des partis libéraux Iabloko et l’Union des forces de droite (SPS) apprécieront. Ces derniers jours, ces deux partis ont été empêchés de présenter des candidats à des élections régionales, à Saint-Pétersbourg et au Daghestan.

M. Poutine a par ailleurs fait adopter une loi qui considère comme valide le scrutin quelle que soit la participation, et une autre visant à interdire les manifestations en période électorale.

C’est par ailleurs aux services russes de sécurité (FSB, ex-KGB) que Vladimir Poutine, qui en est issu, a confié la tâche d’"assurer le respect de l’ordre et de la loi" en période électorale - législatives en décembre 2007, présidentielle en mars 2008. En visite chez ses ex-collègues mercredi 31 janvier, le président les a incités à "protéger la société de l’extrémisme, de l’intolérance religieuse et ethnique", restaurant le FSB dans son ancienne fonction de police politique.


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