samedi 16 décembre 2017

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Faute d’accord, les drones français restent cloués au sol

Arnaud de la Grange, le Figaro

lundi 5 février 2007, sélectionné par Spyworld

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Le Hezbollah ne veut pas entendre parler de ces moyens aériens.

AERONEFS sans pilote, les drones français déployés au Liban sont aussi des avions sans ailes. Depuis qu’ils y sont arrivés à la mi-décembre, ils ne sont pas sortis de leurs caisses. L’affaire était pourtant bien partie. En déployant six drones Sperwer ou SDTI (Système de drone tactique intérimaire), Paris entendait combler en partie le « trou aérien » de la Finul, en apportant des moyens de reconnaissance qui rendraient notamment moins facile aux Israéliens la justification de leurs survols aériens du Liban-Sud. Côté français, l’expérience était prometteuse puisqu’il s’agissait du premier déploiement de drones sur un théâtre d’opérations.

Alors, pourquoi les drones français restent-ils en pièces détachées ? Le sujet chatouille sérieusement le Hezbollah qui a fixé ses « lignes rouges », en l’occurrence que la Finul patrouille en surface mais ne vienne pas trop fouiner dans ses affaires. Il ne veut pas entendre parler de ces moyens aériens, d’autant qu’il suspecte les Casques bleus de vouloir passer le renseignement aux Israéliens.

Alors que le feu vert de New York a été apparemment donné, c’est un désaccord franco-français qui cloue les drones au sol. La tension que leur mise en oeuvre pourrait susciter fait en effet l’objet d’analyses contrastées. « Certains estiment que ces vols ne feraient qu’accroître une tension déjà très forte et qu’ils nous mettraient dans le collimateur du Hezbollah », explique un diplomate.

« Un minimum à faire accepter »

L’ambassadeur de France à Beyrouth, Bernard Emié, qui a l’oreille de l’Élysée, considère ainsi que ces drones ne sont pas du tout une bonne idée. Et il l’a fait savoir. Côté Défense, autre vision des choses. « Cette Finul II n’aurait jamais dû être acceptée sans une zone d’exclusion aérienne ou un accord sur le contrôle de la troisième dimension, explique une source militaire, alors ces drones de surveillance non armés seraient un minimum à faire accepter. »

Il y a dix jours, le porte-parole de la Défense, Jean-François Bureau, a déclaré que la question des drones n’était plus d’actualité. Les Sperwer vont-ils retraverser la Méditerranée sans avoir pris l’air ? Pour s’en tirer, on imagine aujourd’hui de les garder dans leurs caisses au Liban, en menaçant de les sortir en cas de détérioration de la situation pour les coupler avec les canons lourds AUF1. Des drones de surveillance comme arme dissuasive, le concept est un peu osé et en tout cas novateur...


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