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L’Inde obtient la censure de ses sites sensibles sur Google Earth

Cyrille Vanlerberghe, le Figaro

mardi 6 février 2007, sélectionné par Spyworld

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L’Inde a obtenu que certains sites militaires soient censurés sur Google Earth. Une pratique déjà constatée dans d’autres pays.

DISCRÈTEMENT, la censure s’installe sur Google Earth, le logiciel gratuit qui permet d’afficher des vues par satellites de la Terre entière. D’après le journal Times of India, le gouvernement indien aurait obtenu un accord avec Google Earth pour camoufler de manière discrète les images des sites les plus sensibles, comme les bases militaires, les centres nucléaires ou spatiaux.

L’Inde n’est pas le premier pays à avoir passé de tels accords avec la firme américaine - toutes les bases aériennes des Pays-Bas sont grossièrement floutées - mais c’est celui qui avait le plus ouvertement critiqué la présentation au grand jour, et souvent en très haute résolution, de sites qui étaient auparavant secrets.

Le risque d’utilisation d’images Google Earth par des personnes ayant des intentions néfastes est réel. Au cours du mois de janvier, les services de renseignements britannique ont révélé que des terroristes irakiens s’étaient servis d’images Google Earth à haute résolution pour mener des attaques de mortier ou de roquettes sur diverses bases de Bassora.

Floutage et pixellisation

Contrairement à ce qui est toujours visible sur le Géoportail national français, où les sites classés apparaissent en blanc, la censure obtenue par l’Inde sera très discrète. Le floutage ou la pixellisation des zones sensibles ne sera visible que sur les zooms les plus rapprochées, et non pas sur les vues d’ensemble du pays. En effet, certains des sites indiens, comme le BARC, le centre de recherche atomique de Bhaba près de Bombay, sont très célèbres, mais bien d’autres le sont moins, comme des laboratoires de recherches ou les résidences privées de hautes personnalités.

Contrairement à l’Inde et à d’autres pays comme les Pays-Bas et l’Italie, le gouvernement français a choisi de ne pas demander à Google Earth de censurer les vues du territoire français. L’idée étant que, de toute façon, les images satellites à haute résolution peuvent être achetées aux opérateurs spécialisés. La réflexion est donc en cours pour mieux camoufler les activités militaires visibles depuis les airs. L’été dernier, la Grande-Bretagne a suivi la même logique, puisqu’elle a abandonné sa liste de 50 sites enregistrés comme sensibles. Ils pourront donc apparaître clairement sur les cartes détaillées de l’« Ordnance Survey ».

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Le risque d’utilisation d’images Google Earth par des personnes ayant des intentions néfastes est réel. - Google Earth


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