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L’intelligence économique ne doit pas céder à l’effet de mode

Lahcen Oudoud, le Matin

mardi 13 février 2007, sélectionné par Spyworld

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Pour éviter les risques de chevauchement, L. Echihabi prône la logique de réseau

Les principaux résultats et conclusions d’une opération pilote menée par l’Agence nationale pour la promotion de la petite et moyenne entreprise (ANPME), dans le cadre de la mise en place de son dispositif de veille, avec l’appui de la coopération technique allemande GTZ, ont été dévoilés la semaine dernière à Casablanca. Au cours de la même rencontre, on a primé les étudiants qui ont présenté les meilleurs rapports de veille dans le cadre de cette opération.

Il est à préciser que le projet de veille (intelligence économique) de l’Agence vise à lui permettre de « développer de bonnes capacités d’anticipation et de réactivité par rapport à l’environnement et aux besoins des PME, et partant, d’améliorer de façon continue son offre de service pour celles-ci ». Cette opération pilote, confiée au cabinet Europalliances Consulting, précise-t-on, porte sur la réalisation par des stagiaires veilleurs, issus d’établissements de l’enseignement supérieur, de rapports de recherche sur les thèmes de veille retenus par l’Agence, de manière à dresser un état des lieux de l’information concernant lesdits thèmes.

« Cette démarche innovante prône l’instauration d’un partenariat durable et fructueux entre le secteur public, les opérateurs économiques et les établissements de l’enseignement supérieur », fait-on valoir.

Elle permet, selon Mme Latifa Echihabi, directeur général de l’ANPME, de se faire une idée de l’ampleur de l’information existante, de son accessibilité, de la variété des sources disponibles. De même, ajoute-t-elle, cela sert à « apprécier cette démarche de « sous-traitance » de la collecte d’informations, dans la perspective éventuelle de l’adopter, en pesant les avantages, les inconvénients, en cernant les pré-requis et ajustements nécessaires, etc. ». Par ailleurs, lors de cette rencontre, la directrice de l’ANPME a mis en garde contre l’anarchie dans le domaine de mise en place de projets de veille, en cédant à l’effet de mode.

L’intelligence économique est devenue en fait, a-t-elle souligné, une thématique d’actualité suscitant un intérêt croissant, aussi bien des institutions publiques que privées, avec de nombreux colloques, séminaires sur la veille, des sites web et forums sur Internet consacrés à la veille au Maroc. Cet intérêt a même débouché sur la création toute récente de l’Association marocaine d’intelligence économique (AMIE présidée par Driss Alaoui M’daghri).

Cette dynamique est tout à fait louable, selon Mme L. Echihabi, notamment avec les nombreux projets de veille existants ou en cours au Maroc dans le domaine de l’entreprise. Toutefois, nuance-t-elle, « les risques de chevauchement et de double emploi ne sont pas négligeables ».

Pour prévenir un tel dérapage, la directrice de l’ANMPE suggère une délimitation appropriée du périmètre d’intervention de chaque projet et une bonne répartition des rôles entre acteurs institutionnels et acteurs privés.

« La logique de réseau s’impose inévitablement », a-t-elle fait valoir. Pour rendre plus précise cette orientation, elle a estimé que, par exemple, pour un secteur donné, la veille concurrentielle doit revenir à l’association professionnelle, la veille technologique doit être prise en charge par le centre technique, alors que l’organisme d’appui à la PME s’occupe de l’analyse de potentiel dudit secteur et d’une veille sur les bonnes pratiques de C&AT (conseil et assistance technique) spécifiques à ce secteur.

En outre, il est noter que le dispositif de veille que l’ANPME envisage de mettre en place prend en compte aussi l’amont (approche benchmark) que l’aval (à l’écoute des besoins des PME). Pour la veille en aval, la mobilisation d’un groupe multidisciplinaire de stagiaires, émanant d’établissements marocains d’enseignement supérieur et la mise en œuvre de partenariats ciblés avec ces établissements est l’approche envisagée pour se tenir a l’écoute permanente des PME.


Processus de veille

Le besoin de mieux gérer l’information interne et externe d’une organisation ne cesse de s’accroître, du fait même de l’augmentation de la masse d’informations disponible.

Des millions de pages dans les index des moteurs de recherche, des milliers de documents internes, des centaines de bases de données et plus récemment des flux RSS permettant de recevoir au fil des heures des brèves sur tous les secteurs, pays, entreprises… Face à ce phénomène, l’obligation pour toute organisation de connaître et de maîtriser son environnement concurrentiel, juridique, social… devient vitale pour lui permettre d’atteindre ses objectifs de croissance et de développement.

On comprend alors facilement que pour augmenter son efficacité, la mise en place d’un processus de veille est indispensable. Or, si à un niveau personnel on arrive facilement à organiser la gestion et le flux de son information, le passage au niveau collectif est souvent plus compliqué, devant être soutenu par une réelle volonté de l’organisation tout entière.

Cela peut s’appuyer sur une démarche de conduite de changement, qui amène à repenser l’organisation et ses modes de communication. Lorsque l’organisation est déjà structurée sur un mode de partage et d’échange de l’information, elle se situe par rapport au processus de veille dans une phase de maturité. La mise en place d’une logique convergente n’en est que facilitée…


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