jeudi 19 octobre 2017

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Londres accueille une exposition sur l’espionnage

Phil Hazlewood, AFP

mardi 13 février 2007, sélectionné par Spyworld

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La science de... l’espionnage, une nouvelle exposition, vient de s’ouvrir à Londres, proposant de dévoiler des techniques des espions modernes, alors que le développement de la surveillance en Grande-Bretagne éveille les inquiétudes d’une dérive à la Big Brother.

Cette exposition, au Musée des sciences de Londres se présente comme la plus importante exposition interactive sur les secrets de l’espionnage moderne.

« C’est un sujet énorme qui intéresse tout le monde, tout le monde veut être un espion », observe Sara Milne, directrice de la série d’expositions La science de... qui s’est déjà penchée sur les extra-terrestres et prévoit l’an prochain de s’atteler au changement climatique.

« Nous voulons examiner la réalité de l’espionnage. Ce n’est pas un film de James Bond, on traite des véritables outils de ce métier », poursuit-elle.

Les visiteurs de l’exposition - ou « apprentis espions » - seront testés sur leurs talents à déchiffrer message codé, obtenir des informations secrètes ou se donner une couverture convaincante.

Ils pourront aussi découvrir quelques gadgets et techniques utilisés par les vrais agents : des micros cachés, aux outils permettant de suivre à la trace des personnes, comme des mini-caméras, ou un appareil permettant de lire à distance ce qu’on tape sur l’ordinateur.

Les visiteurs pourront aussi constater comment ces technologies influencent leur vie et ce qu’elles deviendront dans le futur.

L’an dernier en Grande-Bretagne deux rapports ont mis en garde contre une dérive vers une société de surveillance. La Grande-Bretagne, où l’on compte une caméra de surveillance pour 14 habitants, est devenue l’un des pays où les gens sont le plus observés et l’un des pires pour le respect de la vie privée en Occident, au même rang que la Russie.

Mais malgré les protestations des défenseurs des libertés civiles, le Premier ministre Tony Blair compte instaurer des cartes d’identité biométriques et des passeports électroniques, qu’il considère indispensables pour assurer la sécurité nationale.

Tony Blair veut aussi élargir une base de données ADN, qui comprendrait le code génétique des gens qui ont été arrêtés même s’ils ont été libérés sans être inculpés, et renforcer le traçage des véhicules.

L’exposition, à laquelle ont participé des anciens agents du MI6, les services secrets extérieurs britanniques, des services d’espionnage militaire britanniques et de la CIA américaine, veut aider le public à prendre conscience de ces enjeux, explique Sara Milne.

« Cela ouvre un vrai débat », ajoute Harry Ferguson, qui a travaillé à l’étranger pour le MI6 dans les années 1980 et 1990. Il estime, dans un entretien à l’AFP, qu’il faudrait plus de garanties pour protéger la vie privée des citoyens.

Mais si les technologies de l’espionnage ont évolué rapidement sur la dernière vingtaine d’années, la facilité relative avec laquelle les informations électroniques peuvent être recueillies créent de nouveaux problèmes.

Ainsi, la commission d’enquête américaine sur les attentats du 11 septembre a souligné les défaillances à recouper les informations qui avaient été obtenues.

Harry Ferguson, qui a écrit deux livres sur son expérience de la lutte contre les trafiquants d’héroïne, souligne que sélectionner les bonnes informations devient de plus en plus dur. Le mot d’ordre est exploration de données, explique-t-il.

Cela force les agents à revenir à certaines techniques biens éprouvées pendant la Guerre froide, comme les boîtes aux lettres secrètes ou la transmission discrète d’informations entre deux individus lors de rencontres apparemment fortuites, qui ne peuvent pas être détectées par les technologies.

Les services secrets se plaignent toujours qu’ils n’ont pas assez de main d’oeuvre, explique-t-il.

« Ce dont on a besoin c’est de travail de terrain, de surveillance, de prendre des contacts », explique M. Ferguson, qui espère que cette exposition va encourager les enfants à choisir une carrière d’espion.


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