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La course aux armements spatiaux et les règles de l’étiquette spatiale

RIA Novosti

mercredi 14 février 2007, sélectionné par Spyworld

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Le problème de la militarisation de l’espace retient de nouveau l’attention depuis qu’un missile chinois a détruit un satellite météorologique chinois qui, arrivé à bout de ressources, évoluait sur une orbite à quelque 900 kilomètres de la Terre. D’aucuns disent qu’il s’agirait là d’une réaction de la Chine à la politique des Etats-Unis de relance de la course aux armements spatiaux. En octobre 2006, le président George W. Bush avait signé la directive intitulée "Politique spatiale nationale", en vertu de laquelle l’Amérique s’arroge le droit "d’interdire l’accès de l’espace à tout pays hostile aux intérêts des Etats-Unis".

Les politiques et les militaires doivent choisir les voies du développement de l’espace. La Russie a déjà fait ce choix et à cet égard elle a préparé un projet de traité sur l’inadmissibilité du déploiement d’armes dans l’espace. Cette position s’explique non pas par un souci d’économie (ce n’est pas un secret que les armes hautement technologiques sont dispendieuses) mais par la certitude qu’il ne faut pas placer sur orbite des choses servant à tuer.

Alexandre Bobrov, expert du ministère russe de la Défense, pense que pour prévenir la course aux armements dans l’espace il faut surtout mettre l’accent sur l’interdiction non pas des moyens, mais des actions obtenues par ces moyens. Cette approche permettrait d’éviter des débats sur la définition de ce qu’est "l’armement spatial".

Tant qu’il n’y aura pas de traité interdisant d’agir sur les satellites artificiels, des engins spatiaux "tueurs" et aussi "protecteurs" pourront apparaître, ce qui déboucherait inévitablement sur une course aux armements dans l’espace. Selon certaines informations, la Chine se serait déjà attelée à la création de son propre système antisatellite. Ce projet reposerait sur l’idée de placer sur orbite de petits satellites (d’un poids ne dépassant pas le kilogramme) qui, tels des parasites, iraient s’accoler aux satellites de l’ennemi potentiel et les détruiraient en cas d’éclatement d’un conflit sur Terre. C’est vrai que présentement les Etats-Unis sont les seuls à pouvoir mettre au point et à lancer des satellites peu détectables. En tout cas, en 1990 et en 1999, ils ont lancé deux satellites furtifs.

Pour l’instant on ignore ce qu’il faut faire avec les satellites-espions. C’est qu’ils sont des instruments du contrôle national de l’application des traités internationaux par tous les pays et des tirs de missiles non autorisés. Objectivement ils rendent l’activité militaire plus transparente. Ce n’est pas pour rien que le commandant des Troupes spatiales russes, Vladimir Popovkine, a fait remarquer que la Russie était prête à un contrôle spatial global. A cet égard il a notamment évoqué la création d’une constellation de 48 satellites gérée par un système de contrôle spatial de nouvelle génération.

La situation en ce qui concerne les armes antisatellites rappelle un peu celle des armes nucléaires, quand les deux parties avaient admis la stérilité de la menace incontrôlée réciproque. Cependant, de nos jours on observe sur orbite, tout comme dans le domaine nucléaire, des acteurs en nombre toujours plus grand, pour lesquels les "règles de l’étiquette spatiale" n’existent pas.

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