mardi 12 décembre 2017

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Les candidats à l’Elysée divisés sur un second porte-avions

Reuters

vendredi 16 février 2007, sélectionné par Spyworld

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La construction d’un second porte-avions par la France divise les principaux candidats à l’élection présidentielle après les propos de Ségolène Royal se disant contre un financement de ce projet par la France seule.

La candidate socialiste a dit jeudi soir préférer investir dans l’éducation. Le coût d’un nouveau porte-avions est évalué à deux milliards d’euros selon certaines estimations.

L’UMP est au contraire favorable à ce projet, de même que le Front national, l’UDF souhaitant, comme le Parti socialiste, y associer l’Europe pour partager les coûts.

"Quand j’entends le candidat de l’UMP demander la construction d’un deuxième porte-avions, je n’y suis pas favorable", a déclaré Ségolène Royal lors d’un meeting à Dunkerque sur l’éducation qui a rassemblé 8.000 à 9.000 personnes.

"Si la nation est capable de dégager le coût d’un deuxième porte-avions, j’en fais ici le serment, cette marge de manoeuvre supplémentaire, cette valeur là, n’ira pas à la Défense nationale mais ira à l’Education nationale", a-t-elle expliqué sous les applaudissements.

"Je n’engagerai pas la construction d’un deuxième porte-avions car Je considère que cet effort doit se faire dans le cadre de l’émergence d’une défense européenne", a-t-elle dit.

Favorable au projet, Nicolas Sarkozy a dit vendredi vouloir "à la fois la sécurité pour la France et une bonne éducation pour les Français".

"C’est quand même une idée curieuse que celle qui consiste à dire aux Français : ’il va falloir choisir, soit vous éduquez vos enfants, soit vous assurez leur sécurité’", s’est exclamé le candidat de l’UMP en visite à La Réunion.

La France envisage de coopérer avec le Royaume-Uni sur un second porte-avions à côté du Charles-de-Gaulle, pas forcément à propulsion nucléaire, mais rien n’a encore été arrêté.

La ministre de la Défense Michèle Alliot-Marie a estimé "irresponsable" la position de la candidate socialiste.

"La France ne peut pas se contenter d’avoir un groupe aéronaval par intermittence, en interrompant la protection totale du pays ou les missions que lui confie la communauté internationale au fil des délais d’entretien lourd du Charles-de-Gaulle", a déclaré la ministre sur son site internet.

UN PROJET TROP COUTEUX ?

"On ne finance pas des dépenses annuelles de fonctionnement de l’Education nationale ou de tout autre ministère, par un budget d’investissement qui ne représente qu’une opération", a-t-elle ajouté.

"Voilà cinq ans que Mme Alliot-Marie est ministre de la Défense et elle n’a jamais inscrit la réalisation d’un deuxième porte-avions dans la loi de programmation militaire", a riposté le délégué national du PS aux questions stratégiques et à la Défense Louis Gautier dans un communiqué.

"La raison est connue : les budgets actuels de la défense ne permettrent déjà pas de réaliser l’ensemble des équipements programmés."

Le projet de second porte-avions, soumis en décembre dernier par MOPA2, coentreprise entre les chantiers navals militaires publics DCN et l’électronicien de défense Thales, a été jugé mardi trop coûteux par François Lureau, délégué général pour l’armement.

Sans révéler le montant de la proposition, il a exhorté les industriels français et britanniques à travailler en plus étroite coopération pour maîtriser les coûts.

"Le deuxième porte-avions doit se faire. Il faut deux porte-avions pour qu’il y en ait un qui marche", a estimé Marielle de Sarnez, directrice de campagne de François Bayrou, vendredi sur LCI.

"Il faut qu’il soit européen, c’est l’évidence même. Il faut faire la défense européenne. La France toute seule ne pourra plus supporter un effort important de défense. On a besoin d’une défense européenne. On le dit depuis plusieurs années. Et bien c’est le moment de le faire avec le deuxième porte-avions", a déclaré la vice-présidente de l’UDF.

Jean-Marie Le Pen s’est dit lui aussi favorable à un second porte-avions mais sans condition de coopération européenne.

"Je donne la préférence à la Défense nationale (...) Un pays comme la France ne peut pas se permettre de n’être pas défendu", a déclaré Jean-Marie Le Pen sur France Info.

"En l’occurrence, le deuxième porte-avions est une nécessité puisque, pendant le temps que l’un d’eux est en réparation ou en révision, nous n’aurions pas les moyens d’intervenir là où nous avons besoin de le faire", a déclaré le candidat du Front national à l’élection présidentielle.

Lundi, Olivier Besancenot, le candidat de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR), s’était prononcé sur TF1 pour la création d’un service public du quatrième âge plutôt que pour un deuxième porte-avions.


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