mardi 17 octobre 2017

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Bras de fer entre Moscou et Washington autour du bouclier antimissile américain

Le Monde, avec AFP et Reuters

vendredi 16 février 2007, sélectionné par Spyworld

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La Russie a menacé, jeudi 15 février, de se retirer du traité d’élimination des missiles nucléaires à portée intermédiaire et courte (Intermediate-Range Nuclear Forces, INF), signé en 1987, si les Etats-Unis ne renoncent pas à leur "bouclier antimissile" en Europe centrale. "Ce qu’ils [les Américains] font en ce moment – créer une troisième zone de déploiement pour la défense antimissile en Europe – est totalement inexplicable", a déclaré le général Iouri Balouevski, chef d’état-major des forces armées russes.

Officiellement, les Etats-Unis ont joué l’apaisement, vendredi, mais l’affaire provoque des tensions avec Washington. Le commandant suprême des forces alliées de l’OTAN en Europe, le général John Craddock, a déclaré que le projet américain d’installer un bouclier antimissile à proximité des frontières russes était transparent et ne visait pas la Russie. "Je pense que les intentions des Etats-Unis nous ont été clairement communiquées, à savoir la mise en place des capacités de défense contre une attaque de missiles provenant d’un pays voyou", a-t-il souligné lors d’une conférence de presse à Varsovie. "Nous avons proposé à la Russie de coopérer sur la défense antimissile parce que nous croyons que nous faisons face à des menaces communes émanant du Moyen-Orient comme d’autres zones", a pour sa part affirmé le porte-parole du département d’Etat, Sean McCormack.

Un haut responsable du Pentagone, cité vendredi par le Financial Times, a toutefois fait savoir que les Etats-Unis "résisteraient" à une tentative de retrait de la Russie du traité FNI, une initiative qui, selon cet officier américain, aurait de sérieuses conséquences pour les alliés de Washington en Europe. Les Etats-Unis, qui se sont déjà dotés d’un réseau de satellites d’alerte, de radars de détection, ainsi que d’intercepteurs de missiles en Alaska et en Californie, souhaitent compléter leur système de défense pour parer à d’éventuelles attaques de l’Iran ou de la Corée du Nord en déployant un bouclier complémentaire en Europe pour un coût d’environ 1,6 milliard de dollars.

Leur projet, qui a déjà fait l’objet de plusieurs missions d’étude sur le terrain, prévoit l’installation d’un radar en République tchèque et de dix intercepteurs en Pologne. Varsovie a accepté d’accueillir le bouclier américain "sous certaines conditions". Prague a déjà donné son accord.

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Le général John Craddock (à gauche), commandant des forces alliées de l’OTAN en Europe, lors d’une conférence de presse vendredi à Varsovie. A droite, Franciszek Gagor, chef d’état-major polonais. - AFP/JANEK SKARZYNSKI


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