jeudi 19 octobre 2017

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Les technologies du futur de la DARPA : cognition augmentée, mini-missiles...

Rémi Sussan, Futura-Sciences.com

lundi 19 février 2007, sélectionné par Spyworld

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Computer World vient de sortir un article sur les projets de la fameuse agence gouvernementale. Parmi les travaux en cours, Computer World mentionne notamment une horloge atomique de la taille d’un sucre, la fabrication de mini-missiles, mais aussi le développement d’un réseau plus stable et plus résistant (c’était déjà le but d’Arpanet, la première mouture d’internet développée dans les années 60 par cette organisation), des travaux sur la traduction simultanée, sans oublier le PAL (Personal assistant that Learns, l’assistant personnel qui apprend) “un ensemble de technologies d’intelligence artificielle susceptible d’apprendre les préférences de l’utilisateur en scannant ses e-mails, ses entrées d’agenda, ses navigations sur le web, etc”.

Presse spécialisée oblige, Computer World se concentre surtout sur les projets liés à la technologie informatique. Ce n’est pourtant qu’une seule des activités de la Darpa qui, depuis quelques temps, s’intéresse de près aux neurosciences, qu’elle finance largement. Souvent, les deux domaines se touchent, comme dans le cas de la cognition augmentée, une nouvelle discipline chère à l’Agence, qui se propose de créer une “symbiose” humain-ordinateur afin d’optimiser le fonctionnement du cerveau lorsqu’il se trouve sous l’effet du stress ou d’une surcharge d’information. La cognition augmentée n’est pas à confondre avec la science de l’interface cerveau/ordinateur, qui permet de piloter une machine par la pensée. Ici, il s’agit plutôt de permettre à l’ordinateur de reconnaitre, via divers signes physiologiques, l’état d’esprit de son utilisateur et d’adapter la présentation des informations à celui-ci, afin de permettre plus facilement leur assimilation et accélérer la prise de décision. Un étonnant petit film d’un quart d’heure, sponsorisé par la Darpa, est disponible sur le web et illustre, à travers une courte fiction, les différentes fonctionnalités d’un système de cognition augmentée.

L’histoire qui nous est présentée nous donne tout d’abord une idée des “combats” que devront livrer les “soldats” de demain. Le court-métrage ne nous montre pas des militaires en tenue kaki rampant dans les sables du désert ou les rizières d’Asie du Sud-Est. Au contraire, le champ de bataille de demain sera le terrain virtuel du cyberespace. Le film nous présente une petite équipe de surveillance chargée de repérer au sein du Net la moindre anomalie, afin de vérifier si elle ne cache pas un évènement plus grave. Ils sont donc constamment bombardés d’informations en temps réel, plus que le cerveau ne peut en remarquer et synthétiser. C’est ici que la “cognition augmentée” entre en jeu. Chaque membre du groupe dispose d’un petit casque susceptible de surveiller les réactions se déroulant à l’intérieur de son cerveau. Parmi les capteurs, on compte entre autres un électro-encéphalogramme, ainsi qu’un système portatif d’imagerie à résonance magnétique ! À noter que l’action se déroule en 2030, il faudra bien compter ce délai pour que les volumineuses machines IRM, qui emplissent volontiers une pièce, se trouvent réduites à la taille d’un walkman !

La technologie présentée consiste donc à améliorer l’interface des données. Selon les zones du cerveau suractivées, l’ordinateur insistera sur les textes, les graphiques, les séquences vocales…et fera même entendre à l’utilisateur une musique douce en cas de saturation émotionnelle !

Bien entendu, l’intérêt de telles technologies dépassent largement le domaine de la défense. Ce n’est pas la première fois que la Darpa, loin de se limiter aux strictes applications militaires, sponsorise des recherches qui pourraient avoir un impact commercial et civil important. Au point qu’on pourrait se demander, à l’instar de Computer World, si la Darpa n’est pas souvent utilisée (surtout sous les administrations Démocrates) pour donner un coup de pouce étatique au lancement de technologies telles que les “semi-conducteurs, les superordinateurs ou les écrans plats” qui s’avèrent dans un premier temps trop futuristes pour se développer uniquement grâce à des investissements privés.


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