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Décès du général Imbot, ex-patron de la DGSE, baroudeur et organisateur

Pierre-Marie Giraud, AFP

mercredi 21 février 2007, sélectionné par Spyworld

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Le général d’armée René Imbot, qui avait succédé à la tête de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE) à l’amiral Pierre Lacoste limogé lors du Rainbow Warrior en 1985, est décédé lundi à l’âge de 81 ans, a annoncé mercredi sa famille dans le Carnet du Figaro. Le général d’armée René Imbot, avait dirigé la DGSE pendant deux ans de 1985 à 1987 où il avait été chargé de remettre de l’ordre après le sabotage du Rainbow Warrior par des agents de la DGSE.

Ce sabotage, dans le port d’Auckland au cours de la nuit du 9 au 10 juillet 1985, du bateau de l’organisation écologiste Greenpeace opposée aux essais nucléaires français dans le Pacifique, avait fait un mort et déclenché l’un des scandales du premier septennat de François Mitterrand.

Après la démission du ministre de la Défense Charles Hernu et le limogeage de l’amiral Pierre Lacoste, directeur de la DGSE, le général Imbot est nommé, le 25 septembre 1985, boulevard Mortier (XXe) maison-mère des espions français, pour remettre de l’ordre et réorganiser la "Piscine".

Trois jours après sa nomination, le général Imbot apparaît en uniforme au début du journal télévisé lors d’un coup de gueule mémorable et dénonce une "opération maligne de déstabilisation et de destruction" des services secrets français.

"J’ai trouvé les gens qu’il fallait sanctionner, j’ai coupé les branches pourries. La DGSE est verrouillée", déclare-t-il d’un ton sec.

Petit et trapu, une tête carrée soulignée des cheveux gris coupés en brosse, le général Imbot arrive à la DGSE avec une solide réputation de baroudeur et d’organisateur.

Né le 17 mars 1925 à Roussillon (Vaucluse), cet enfant de troupe rejoint à 16 ans le maquis pour participer aux combats de la libération.

Saint-cyrien, il sert pendant vingt ans à la Légion étrangère, notamment en en Indochine, obtenant la Croix de guerre des théâtres d’opérations extérieures avec huit citations.

En 1964, il sort major de l’Ecole supérieure de guerre et occupe divers postes de commandement, dont celui de directeur du personnel militaire de l’armée de terre. Il est choisi par Charles Hernu en mars 1983 comme chef d’état-major de l’armée de terre. Là, il met sur pied, en moins de deux ans, la Force d’action rapide (FAR) pour l’intervention en Europe et outre-mer.

Très présent sur le terrain, il inspecte les troupes françaises au Tchad ou à Beyrouth, assis à l’avant d’une Jeep, le fusil d’assaut Famas dans les bras.

A la DGSE, il réorganise le service action, ferme la base des nageurs de combat à Aspretto (Corse) et recrée le 11e choc, dissous après la guerre d’Algérie. Il renforce le dispositif interne du service de sécurité et engage la modernisation technique de la DGSE, tout en imposant le silence dans les rangs.

Grand’croix de la Légion d’honneur, le général Imbot s’était retiré après son départ de la DGSE le 2 décembre 1985, dans le Vaucluse.

L’un de ses deux fils, Thierry, officier à la DGSE avait rédigé des documents sur l’affaire des frégates de Taïwan lorsqu’il était en poste à Tokyo et était décédé à son retour en France, le 10 octobre 2000, lors d’une chute depuis le 4ème étage de son immeuble. L’enquête sur sa mort avait été classée sans suite par le parquet, la police ayant conclu à un accident.

Entendu en juin 2002 sur les circonstances de ce décès, le général Imbot avait affirmé que son fils lui avait raconté que le contrat des frégates avait permis à certaines personnes en France de se constituer des "fortunes".

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Le général René Imbot, alors Directeur général de la direction générale de la sécurité extérieure (DGSE), le 25 septembre 1985.


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