mardi 12 décembre 2017

Accueil du site > Renseignement > France > Espionnage à Canal+ : Gilles Kaehlin démissionne

Espionnage à Canal+ : Gilles Kaehlin démissionne

Piotr Smolar, le Monde

samedi 14 mai 2005, sélectionné par Spyworld

logo

Gilles Kaehlin, directeur des moyens généraux du groupe Canal+, a démissionné "afin de pouvoir répondre librement et pleinement aux attaques dont il est l’objet" , a indiqué la chaîne dans un communiqué, mardi 3 mai. Cette décision intervient après la publication du livre de Pierre Martinet, Un agent sort de l’ombre. Cet ancien membre de la direction générale de la surveillance extérieure (DGSE), qui fut salarié de Canal+ d’octobre 2001 à avril 2003, accuse les responsables de la cellule SSSI (service de sécurité des systèmes d’information) de la chaîne ­ Gilles Kaehlin et un autre ancien policier, Gilbert Borelli ­ de lui avoir demandé d’espionner une dizaine de salariés.

Parmi ceux-ci, Bruno Gaccio, auteur des "Guignols" (Le Monde du 2 mai), qui a déposé plainte contre X..., mardi 3 mai, pour atteinte à la vie privée et à la confidentialité de la correspondance, et introduction ou maintien dans le domicile d’autrui. Un autre ancien employé de la chaîne, Michel Rocher, licencié pour "faute grave" , fin janvier 2003, après avoir été directeur technique de Studio Canal Image, a entrepris la même démarche. Entré en conflit avec Gilles Kaehlin, il aurait été suivi par Pierre Martinet pour le compte de la cellule, qui avait, comme dans le cas de Bruno Gaccio, récupéré le listing de ses appels téléphoniques.

Dans son édition du 2 mai, Libération citait deux autres noms de dirigeants de Canal+ qui auraient aussi été surveillés : Alex Berger, proche de l’ancien président de la chaîne, Pierre Lescure, et Bruno Thibaudeau, chargé des chaînes thématiques. L’avocat de Gilles Kaehlin, Me Jean-René Farthouat, devait pour sa part déposer plainte pour diffamation, mercredi 4 mai, à l’encontre de Pierre Martinet et de son éditeur, Guy Birenbaum. Dans un communiqué, M. Kaehlin a qualifié les accusations contenues dans le livre d’"affabulations" et de "tissu de mensonges" . M. Martinet, lui, a transmis son livre au procureur de Paris.


Envoyer : Newsletter Imprimer : Imprimer Format PDF : Enregistrer au format PDF PartagerPartager :