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Les services du renseignement ciblent les asiles des terroristes

David McKeeby, Usinfo.state.gov

dimanche 4 mars 2007, sélectionné par Spyworld

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La prochaine génération d’agents d’Al-Qaïda est en cours de formation en Irak, en Afrique et à la frontière entre l’Afghanistan et le Pakistan.

De hauts responsables des services américains du renseignement affirment qu’il faut faire plus pour empêcher les terroristes de créer des asiles dans des régions où l’ordre fait défaut.

« De nombreux États sont incapables de gouverner et de maintenir l’ordre sur leur territoire », ce qui facilite la création d’asiles pour les terroristes, a affirmé le directeur du renseignement national, M. Mike McConnell, lors d’une déposition faite le 27 février devant la commission sénatoriale des services armés.

M. McConnell, qui a récemment remplacé M. John Negroponte à la tête des 16 agences qui constituent l’appareil américain du renseignement, était accompagné du lieutenant général Michael Maples de la Defense Intelligence Agency (Agence du renseignement des armées), et de Thomas Fingar, président du Conseil national du renseignement.

Le terrorisme demeure la principale menace pesant sur la sécurité des États-Unis, et Al-Qaïda, qui est en train de se reconstituer et de renforcer ses liens avec des groupes affiliés au Moyen-Orient, en Afrique et en Europe, est le principal défi que doivent relever les services du renseignement. Si les explosifs classiques demeurent l’arme préférée des terroristes, les agences du renseignement ont reçu des rapports indiquant qu’Al-Qaïda continue de chercher à acquérir des armes chimiques, biologiques et nucléaires aux fins de futures attaques, a affirmé M. Maples.

Avec l’aide d’alliés tels que l’Afghanistan, l’Irak, le Pakistan, l’Arabie saoudite, la Turquie et le Royaume-Uni, a-t-il ajouté, les États-Unis ont réussi à déjouer des attentats, par exemple un complot ourdi en 2006 contre des vols transatlantiques à destination des États-Unis, et à traduire plusieurs hauts responsables d’Al-Qaïda en justice, notamment son chef en Irak, Abou-Moussab al-Zarkaoui.

Mais bien que 75 % des cadres d’Al-Qaïda aient été tués ou capturés, a déclaré M. McConnell, une nouvelle génération de terroristes est en cours de formation en Irak, à la frontière entre l’Afghanistan et le Pakistan, et en Afrique de l’Est.

En Irak, a affirmé M. Maples, Al-Qaïda n’est responsable que d’une petite fraction de la violence, mais le réseau se concentre sur des attentats importants faisant de nombreuses victimes, ce qui a amplifié son impact sur la situation complexe de sécurité dans ce pays et a eu notamment pour effet d’intensifier la violence entre sunnites et chiites.

« Le conflit en Irak est un cercle vicieux dans lequel un acte violent entraîne des représailles. L’insécurité justifie la constitution de milices, notamment de milices chiites, qui augmentent la peur dans la communauté sunnite. Cela entraîne un soutien accru, ou du moins une acceptation croissante, des insurgés et des terroristes. »

M. Maples a dit aux sénateurs que les milices chiites en Irak avaient été surprises en cours d’entraînement en Iran ainsi que dans des installations gérées par le Hezbollah, soutenu par l’Iran, dans le Sud du Liban.

M. McConnell a affirmé qu’en Afghanistan, Al-Qaïda et les talibans avaient toujours des « sanctuaires vitaux » au Nord-Ouest du Pakistan, région tribale bordant l’Afghanistan. L’élimination de ces sanctuaires sera une priorité cette année, ainsi que la rupture du lien entre les militants et les chefs de guerre locaux qui profitent du trafic de la drogue.

Tout en faisant l’éloge de l’action du Pakistan, M. McConnell a critiqué le président Pervez Musharraf pour avoir passé des accords avec certains chefs de tribus qui, depuis, ont autorisé les talibans et Al-Qaïda à se regrouper.

« Le président du Pakistan a cru être plus efficace en signant cet accord de paix. Mais à notre avis, les capacités d’entraînement d’Al-Qaïda se sont accrues. Nous pensons que le Pakistan peut faire plus. »

Al-Qaïda demeure également résolue à exploiter l’instabilité qui règne en Somalie, faisant de l’Afrique de l’Est une région où les services du renseignement sont en train d’étoffer leurs effectifs.

M. Fingar a ajouté que l’on savait que des terroristes affiliés au Hezbollah opéraient dans « la région des trois frontières » entre l’Argentine, le Brésil et le Paraguay.


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