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Le Pentagone va fermer de nombreuses bases militaires

Le Figaro

samedi 14 mai 2005, sélectionné par Spyworld

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Ce programme de réduction concerne des installations situées sur le territoire américain ainsi qu’à l’étranger

L’armée américaine veut perdre du poids et gagner du muscle. Tout en maintenant à la hausse ses ambitions de recrutement, le Pentagone a annoncé hier la fermeture de 33 bases majeures sur le territoire américain et la réduction de plusieurs centaines d’autres, sur les 3 700 installations militaires que compte le pays. Ce programme d’amaigrissement s’ajoute au projet de rapatriement de quelque 70 000 soldats déployés à l’étranger.

Des conseillers de Donald Rumsfeld, le secrétaire à la Défense, ont présenté hier la liste des sites concernés au Congrès en soulignant qu’elle est nettement moins longue que prévu. « Le taux de surcapacité de nos infrastructures est plus proche de 5% à 10% que des 20% à 25% initialement projetés », ont-ils indiqué. L’énumération restait très attendue car elle a un impact parfois considérable sur l’économie locale. Des noms historiques, comme Fort McPherson en Géorgie ou la base navale de Portsmouth dans le Maine, font partie de la liste, qui concerne au total 837 installations. Des centres d’entraînement de la réserve et de la Garde nationale doivent être intégrés à ceux de l’armée de métier, des hôpitaux fusionner, etc. Conscient des résistances qui accompagnent chacune de ces réformes, Le Pentagone a promis d’aider à la reconversion des sites en centres commerciaux ou en infrastructures civiles. Il n’est pas rare que des élus locaux aillent en justice pour tenter d’empêcher une fermeture.

L’objectif est d’économiser 5,5 milliards de dollars dès la première année et 48,8 milliards au bout de vingt ans, tout en « augmentant la capacité d’intégration et de coordination de nos services », a expliqué le général Richard B. Myers, chef d’état-major interarmes. De nouvelles bases « intégrées » devraient faire cohabiter les quatre armes (Navy, armée de terre, Air Force et marines) afin de déployer plus rapidement des forces expéditionnaires. Le Pentagone veut aussi pouvoir élever ses capacités de production et de stockage d’armes et de munitions en cas de crise. Il a en outre prévu de faire de la place aux troupes rapatriées d’Europe et d’Asie, une décision censée porter l’économie totale à 64,2 milliards de dollars. Quatre redéploiements précédents depuis 1988 avaient déjà réduit de 21% les infrastructures militaires nationales, éliminant 97 sites pour une économie de 29 milliards de dollars. Il reste 318 grandes bases dans le pays, occupant 14 millions de mètres carrés.

Dans son ambition de rendre l’armée américaine « plus mince et plus agile », Donald Rumsfeld a prévu de rapatrier entre 2006 et 2010 au moins 70 000 des quelque 180 000 soldats américains basés outre-mer. La procédure devrait concerner 40 000 des 75 000 troupes déployées en Allemagne, ainsi que 30 000 des 100 000 hommes basés au Japon, en Corée du Sud et dans le reste du Pacifique. Le dispositif hérité de la guerre froide serait remplacé par des unités plus légères dispersées notamment en Europe de l’Est. Une commission du Congrès créée en 2003 vient toutefois de rendre un rapport très critique sur ce projet, estimant que son coût sera deux fois plus élevé que prévu (20 milliards de dollars au lieu de 10) et qu’il va durablement affaiblir l’outil militaire américain, incapable de reprojeter des forces équivalentes à l’étranger en cas de crise.

A court de recrues pour ses guerres en Irak et en Afghanistan, l’US Army a décidé de proposer des enrôlements de quinze mois, la période la plus courte jamais offerte aux candidats (les engagements sont en général pour trois ou quatre ans, jamais moins de deux). Dans le grand chamboulement que traverse l’armée, une commission spéciale va maintenant se pencher sur la liste de fermetures proposées par le Pentagone et faire une recommandation au président. Il reviendra à George W. Bush de l’accepter ou de la rejeter en bloc en septembre.

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