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Face aux retards du programme Galileo, l’Europe prépare un satellite de secours

Jérôme Fenoglio et Philippe Ricard, le Monde

mercredi 7 mars 2007, sélectionné par Spyworld

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Tant d’incertitudes se sont accumulées, ces derniers mois, sur le système européen de navigation par satellite Galileo que l’Agence spatiale européenne (ESA) préfère ne prendre aucun risque. L’organisme chargé du développement et de la validation du futur concurrent du GPS américain a annoncé, lundi 5 mars, la commande d’un nouveau satellite expérimental, Giove-A1, qui n’était pas prévu au programme et qui occasionnera une dépense supplémentaire de 30 millions d’euros.

Ce contrat a été attribué à Surrey Satellite Technology Ltd, l’entreprise britannique qui a construit Giove-A, seul engin de démonstration à avoir été placé en orbite, en décembre 2005.

Normalement, Giove-B, plus sophistiqué, aurait dû lui succéder très vite. Mais, au cours d’essais, celui-ci a subi une panne qui a révélé des problèmes d’organisation au sein du consortium de huit entreprises, parmi lesquelles EADS, Thales et Alcatel-Lucent, appelées à construire le reste du système de trente satellites dont elles doivent devenir les concessionnaires.

"PAS ACCEPTABLE"

Le lancement de Giove-B n’est plus prévu avant la fin 2007. Dans ce calendrier serré, les risques de nouveau délai ou de perte du démonstrateur au lancement ont contraint l’ESA à envisager le pire. Préparé pour un tir en 2008, Giove-A1 devrait permettre de se prémunir contre la catastrophe : la perte des fréquences attribuées à Galileo si aucun signal n’est envoyé de l’espace durant deux années d’affilée.

Ce satellite de secours devrait permettre d’attendre plus sereinement le déblocage des négociations engagées depuis plus d’un an pour la signature du contrat de concession. Jacques Barrot, le commissaire européen aux transports, doit faire part de ses inquiétudes sur ce retard dans un courrier au ministre allemand chargé du secteur, Wolfgang Tiefensee, dont le pays assure la présidence de l’Union ce semestre.

Les huit membres du consortium n’ont, regrette M. Barrot, toujours pas mis en place la structure juridique promise, ni désigné son futur patron. Ils tardent à finaliser l’offre améliorée qui permettrait de signer un contrat avant la fin de l’année. "Aucune des conditions posées lors de la désignation du consortium n’est respectée, et nous ne comprenons pas l’origine de ces problèmes", indique un porte-parole de M. Barrot.

Les ministres des transports devraient aborder le sujet lors de leur rencontre du 22 mars. M. Tiefensee avait déclaré, fin février, que ces retards n’étaient "pas acceptables".

Giove A2, un des satellites du système GPS Galileo. - European Space Agency


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